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samedi, 25 septembre 2010

Foncier en Côte-d'Ivoire: le comble de l'anarchie

De plus en plus, le citoyen ivoirien en quête d'une propriété immobilière à Abidjan est enclin à se tourner vers les sociétés promotrices -l'un des moyens les plus fiables à ce jour- malgré l'exiguïté et l'inconfort de ce qu'elles proposent aux clients. Mais les pauvres Abidjanais ont-ils vraiment le choix, quand on sait qu'en matière de terrain et propriétés immobilières dans la grande métropole et sa périphérie, il règne une totale anarchie au relent d'escroquerie et d'arnaques de toutes sortes. On vend un terrain à un tiers, on le revend à un autre, puis à un autre ... jusqu'à l'infini. On est même prêt à vendre son âme au diable, pourvu que celui-ci soit preneur !

Conséquence inévitable: des conflits fonciers à n'en pas finir.

L'article qui suit, tiré du quotidien Notre Voie du samedi 25 septembre 2010 en est une parfaite illustration.


Commune d’Adjamé/La mairie vend un terrain de la Sicogi

Un conflit foncier oppose la Société de construction et de gestion immobilière (Sicogi) à la mairie d’Adjamé et la société pétrolière Anda Oil. Le sit litigieux est une parcelle de 1800 m? Sur le “lotissement de haut” à Adjamé (en face cité de la Sicogi en partant du camp de gendarmerie d’Agban à l’ex-cinéma Liberté).

Sur le terrain, on constate des tas de sable, des bulldozers, etc., signe que des travaux y sont entrepris. Le site, jadis occupé par des magasins et autres maquis, a été entièrement rasé. Mais, le vendredi dernier, à notre arrivée sur le terrain litigieux, l’ambiance était tout autre. En effet, d’une part des responsables de la Sicogi accompagnés des éléments de Forces de défense et de sécurité ont bloqué les travaux et empêchent même les engins de quitter le site. D’autre part, des agents d’une société de sécurité auxquels s’adjoindront plus tard des responsables de Anda Oil accompagnés d’un huissier qui fait un constat d’usage. A côté d’eux, de nombreux riverains surexcités et menaçants, qui se disent prêts à s’opposer par tous les moyens aux travaux de construction d’une quelconque station. “Nous ne pouvons pas admettre la construction d’une station ici. Chaque fois qu’on montera un mur, nous le détruirons. C’est sur nos corps qu’ils viendront construire”.

Des informations recueillies sur le terrain indiquent que le site a été vendu à la société Anda Oil par la mairie pour la construction d’une station. Ce à quoi s’oppose la Sicogi qui soutient que cet espace est une réserve foncière faisant partie de son patrimoine et qu’elle en détient même un titre foncier. “Au mois de mai dernier, les riverains nous ont saisis pour nous informer qu’ils ont reçu copie d’une mise en demeure. Ils devaient donc quitter les lieux parce qu’une station devait y être construite. Le 3 septembre dernier, des responsables de la Sicogi ont rencontré le maire qui les a ramenés vers son directeur technique non sans leur avoir présenté un arrêté du ministère des Infrastructures économiques autorisant la construction d’une station. Depuis quand ce ministère délivre-t-il des permis de construire ?”, s’interroge Wondji Laurent, responsable de la communication à la Sicogi. A sa suite, Richmond Fian, directeur commercial et marketing et directeur technique par intérim, ajoute que c’est une tentative d’appropriation de terrain appartenant à autrui. “C’est un cas type de vol de terrain”, soutient-il. Il indique aussi que, pour des mesures de sécurité, le terrain n’est pas approprié pour la construction d’une station. “C’est un lieu d’habitation et on ne peut y construire une station. C’est mettre la population en danger”. Il a fait savoir que la Sicogi ne se laissera pas faire cette fois-ci et traduira les auteurs de cet acte en justice. Diaby Sékou, responsable technique de Anda Oil, ne se montre pas très bavard sur le sujet. “Nous avons sollicité le site et obtenu un avis favorable administratif. Nous avons eu le permis de construire. Nous avons demandé à la mairie de procéder au déguerpissement. Nous possédons tous nos papiers”, soutient-il. La Sicogi et Anda Oil sont déjà opposés sur un terrain situé à Adjamé vers le Black market. L’affaire est encore en justice.

Koné Modeste
Source: Notre Voie du 25 septembre 2010

18:29 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Vous mettez le doigt sur un problème qui longtemps restera d actualité dans notre cher et beau pays la Côte d'ivoire. Quant à moi, je me pose les questions suivantes:
- A qui profite cette anarchie ?
- Est ce aux hommes politiques ?
- Est ce aux populations ?

Écrit par : yves djedje | mardi, 28 septembre 2010

A qui cela profite ? Je ne saurais le certifier.
Mais qui encourage ? Je crois bien que c'est l'Etat de Côte-d'Ivoire qui ne sanctionne pas suffisamment ces bandits qui s'en tirent souvent à bon compte quand on met la main sur eux. Ce n'est qu'un avis, bien-sûr.
Merci pour l'intérêt que vous portez au sujet.

Écrit par : IEP Touré | mercredi, 29 septembre 2010

Franchement, je me demande s'il y a un maire à ADJAME! Je n'ai jamais vu pareil désordre: les rues envahies jusque sur les chaussées, des constructions plus qu'anarchiques, une circulation piétonne et routière chaotique, une insalubrité sans nom!

Quand vient s'ajouter des cessions de terrains urbains avec une telle désinvolture, je reste sans voix!!!

L'espace dont il est question, ici, dans cet article de Notre Voie (que tu as bien fait de porter à notre connaissance, cher TOURE), je le vois tous les samedis, en y passant. Je m'étais réjoui du déguerpissement des maquis bruyants du coin et des baraques malpropres qui jonchaient les lieux. Je ne savais pas que c'était pour atterrir, au final, dans un autre cauchemar! Peut-être pire (possible affrontement prochain entre riverains et promoteurs)!

DIEU TOUT-PUISSANT, Y A-T-IL UN MAIRE DANS CETTE COMMUNE D'ADJAME???

Écrit par : Dindé | jeudi, 30 septembre 2010

Cher ami,l'anarchie est désormais la chose la mieux partagée de notre quotidien.Chacun fait ce qu'il veut sans être inquiété.Sinon comment comprendre que la SICOGI, société d'Etat expérimentée dans le domaine foncier et immobilier puisse être en procès avec autrui au point d'être dessaisie de son patrimoine?Cela pose le problème de la légèreté dans le traitement administratif de toutes les affaires.Surtout quand la corruption et l'enrichissement illicite naviguent en dessous. Pauvre Cote d'Ivoire!Que Dieu nous sorte de tout ça!
TANO JC CEDRIC

Écrit par : TANO JC CEDRIC | dimanche, 03 octobre 2010

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