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vendredi, 07 janvier 2011

Concours des Inspecteurs de l'Enseignement Primaire: Faut-il croire à une mascarade ?

Jadis considéré (avec celui de l'ENA) comme l'un des plus sérieux et les plus sélectifs, le concours d'accès au cycle de formation des Inspecteurs de l'Enseignement Préscolaire et Primaire est aujourd'hui dans la tourmente. De plus en plus, de lourds soupçons de fraude massive pèsent sur l'organisation de ce concours, lui enlevant du coup son caractère élitiste qui a toujours fait son prestige.
Dans cette veine, le quotidien "le jour" dans son édition du lundi 3 janvier 2011 met le pied dans le plat à travers un article de presse. Faut-il banaliser ce genre d'allégation ou croire effectivement en un simulacre de concours ?
En tout état de cause, en tant qu'Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire, je me sens interpellé. C'est pourquoi je voudrais partager avec vous cet article en espérant que vous ne manquerez pas de donner votre avis sur la question.



lu dans quotidien le quotidien le jour du 03 janvier 2011

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CONCOURS PROFESSIONNEL D'ACCES AU CYCLE DE FORMATION D'INSPECTEURS

Les candidats dénoncent la magouille à grande échelle


A peine publiée que la liste des admissibles au concours professionnel d’accès au cycle de formation d’Inspecteurs de l’Enseignement Préscolaire et du Primaire au titre de l’année 2010 fait l’objet de contestation. Des candidats décrient un recrutement complaisant.

Les résultats du concours professionnel d’accès au cycle de formation d’inspecteur de l’enseignement préscolaire et du primaire au titre de l’année 2010 ont été publiés le 31 décembre dernier. 41 candidats ont été déclarés admissibles sur un total de 1165. Des candidats malheureux qui ont approché notre rédaction s’étonnent de ce qu’aucun des 125 auditeurs du centre de formation continue de l’école normale supérieure (ENS) de la session 2010 n’a été déclaré admissible à ce concours.
« Cela est impossible quand on sait que nous avons préparé rigoureusement ce concours pendant deux ans », se défend l’un des contestataires. Pour eux, les résultats publiés ne relèvent que de la pure magouille. Les candidats non déclarés admis s’appuient sur plusieurs arguments pour défendre leur position. « Des personnes qui n’étaient pas habilitées à présenter ce concours l’ont passé », fait remarquer l’un de nos interlocuteurs qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat. Il précise que c’est le cas de M. Oulouhadé Denis, Econome au Lycée 4 de Daloa qui bien que n’étant pas autorisé à compétir a été déclaré admissible à ce concours. Ce concours n’étant réservé qu’aux instituteurs et aux professeurs de CAFOP, selon les protestataires. Notre source indique que le nommé doit son admissibilité au fait qu’il a fait partie de la direction de campagne du ministre Emile Guiriéoulou à Guiglo.

Au-delà de ce dernier, le candidat Affely Joseph de Gaulle du grade A4 n’étant pas autorisé à compétir à ce concours a également été admissible a fait savoir notre interlocuteur. Il ajoute que certains candidats admissibles ont payé la somme de deux millions FCFA et même parfois plus à des membres du jury pour être sur la liste publiée le 31 décembre. Un autre exemple cité par les contestataires est celui du candidat Djahi K. Marcel. « Il ne lui reste que quatre années pour faire valoir ses droits à la retraite et à ce titre, il ne peut postuler au concours selon la législation », charge l’un de nos informateurs.

Au vu de ces récriminations, les protestataires qui trouvent que la liste publiée est complaisante demandent au ministre de la Fonction publique du gouvernement Gbagbo de mettre en place un nouveau jury qui travaillerait dans la transparence.


ABDOULAYE K.
source: LE JOUR n° 2125 du 3 janvier 2011, page 8

23:03 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

Je suis IEP et je suis souvent embêté quand j'entends de tels commentaires sur ce concours très selectif et qu'on considerait comme le couronnement de la carrière des meilleurs enseignants comme toi Touré, comme Baba Kaké, comme Tibé bi Bénié, comme Aka Flaubert aujourd'hui DREN, comme Zamblé bi Zamblé Germain... Nous devons sauver notre corporation et demander peut être qu'on redonne l'organisation du concours à l'ENS avec Alchama....

Écrit par : BOEHI Benoit | samedi, 08 janvier 2011

Merci pour le compliment mais je crois que tu me fais trop d'honneur en me citant au même rang que des illustres Inspecteurs dont certains sont à la retraite et d'autres encore en activité. J'espère pouvoir approcher un jour leur niveau de compétence.

Ceci dit, en tant qu'IEP qui a foi en ce metier, c'est vraiment choquant de constater de telles pratiques si toutefois cela se confirmait. Je souhaite personnellement que ce ne soit pas fondé parce que si c'est le cas, ce sera véritablement la fin du prestige et de l'honneur de la corporation des IEP. Ou du moins, ce qui en reste encore !

TOURE, IEP Daloa-3

Écrit par : IEP Touré | samedi, 08 janvier 2011

C'est honteux pour la corporation des IEP. C'est honteux que ce noble concours des formateurs des formateurs soient l'objet de dissensions. C'est un outrage (à notre endroit) que nous devons refuser de subir dans l'omerta. Comme un seul homme, nous devons tous dénoncer cette situation qui, si l'on n'y prend garde, risque de faire tache d'huile. Que ces allégations soient avérées ou pas, nos méninges ne cessent d'être torturés par des interrogations aussi pertinentes qu'elles soint à savoir; comment expliquer qu'aucun auditeur de L'Ecole Normale Supérieure (ENS) ne soit admissible en 2010? Quand on sait que ce genre de fiasco ne s'est jamais produit depuis l'avènement de ces cours de prépartions organisés par L'ENS, cela nous interpelle à plus d'un titre. Ces résultats ne discréditent-ils pas la qualité et la valeur de ces enseignements dispensés par ces éminents et vénérables professeurs de l'ENS?; ceux là mêmes qui proposent les épreuves? Soyons conséquent, il y'a indubitablement quelque chose qui cloche. Courage à ces candidats malleureux qui protestent. Ils auront été comme l'a en substane AIME Césaire "la bouche de ceux qui n'ont point de bouche et qui croupissent dans le cachot du désespoir" IEP KONE Fatou.

Écrit par : KONE Fatou | samedi, 08 janvier 2011

Merci mon cher Touré de t'interroger sur l'organisation du concours professionnel d'accès à l'emploi tant convoité et jalousé des IEP.
Dieu seul sait l'héritage intellectuel et culturel que nous ont légué nos aînés dans l'emploi. Et pourtant, l'entretien de cet héritage commence à poser problème tant la liste des héritiers que leur capacité à gérer le patrimoine commun sont de plus en plus contestées aussi bien en interne qu'en externe.
Nous devons donc sauver notre corporation et lui redonner son lustre d'antan de peur de la galvauder.
C'est pourquoi, sans être nostalgique et passéiste, nous croyons que l'École Normale Supérieure (ENS) d'Abidjan, étant outillée pour la formation des IEP, devrait reprendre en main l'organisation de ce concours comme par le passé, avec des critères de sélection plus rigoureux ainsi que des épreuves plus pertinentes.
La Fonction publique n'interviendrait en second ressort que pour la certification de la formation à travers la délivrance de l'arrêté de promotion dans l'emploi d'IEP.
Dans le cas contraire, il faudrait revoir la composition de la direction des examens et concours de la Fonction publique pour une plus grande crédibilité.
Car, de manière récurrente certains journaux se font l'écho des voix qui s'élèvent contre la corruption qui entacherait la réussite aux concours organisés par cette direction.
S'il y a des corrompus, c'est qu'il y a des corrupteurs.
En conclusion, moralisons toute notre organisation sociale dans ce cas.

Écrit par : Jeannod KOFFI | samedi, 08 janvier 2011

Eh oui c'est la triste réalité et c'est vraiment dommage.Vivement que l'organisation de ce concours revienne à l'ENS afin qu'il retrouve ses lettres de noblesse et surtout son caractère élitiste. IEP VAKABA D.

Écrit par : VAKABA DOUMBIA | samedi, 08 janvier 2011

Merci mon Cher Touré de nous soumettre très souvent des sujets relatifs à notre corporation. je pense pour ma part que nous avons besoin de nous retrouver et de poser de nouvelles bases pour le respect de notre corps de metier.
Il est vraiment malheureux que ce concours tant convoité et très selectif soit aujourd'hui à la merci de ceux qui n'en savent pas quelque chose. vivement que l'ENS reprenne son organisation de peur que cette Ecole d'elites ne devienne un lieu de médiocres.

Écrit par : LILAHAN Hortense | samedi, 08 janvier 2011

La fonction d'inspecteur ne doit concerner qu'une certaine élite de l'éducation.
On sait en effet que l'IEP, au-delà de la gestion pédagogique et administrative d'une circonscription, est avant tout un acteur incontournable des innovations et du développement des systèmes éducatifs. En cela, il ne doit pas avoir au sein de cette noble corporation des cancres.
Il importe donc que les IEP pensent à des stratégies de recrutement pour panser ce nouveau mal qui risque de les démythifier.

Écrit par : Ouattara Issiaka | samedi, 08 janvier 2011

Merci cher ami de m'inviter à ce débat sur la crédibilité du concours d'entrée dans notre corporation.En effet l'article fait sur le sujet par le quotidien m'amène à deux réflexions:
-soit les recalés sont des mauvais perdants par conséquent accusent tout le monde d'être à la base de leur malheur
-soit leur thèse est avérée, dans ce cas il faut lever de la voix pour dénoncer cette pratique dont les conséquences sont incalculables sur l'école ivoirienne.
Toutefois je voudrais inviter les iep à mieux s'informer sur le sujet avant de s'engager.Car avec nos collaborateurs que nous connaissons tous, il faut de la prudence.

Écrit par : yao bi | lundi, 10 janvier 2011

Quand la morale a pris son billet d'avion pour l'extérieur, les frontières de la Côte d'Ivoire ont été fermées. La dictature financière a menacé la démocratie de l'accès à l'emploi.
C'est nous qui souffrons de notre humilité, notre intégrité et de notre éducation. Les autres ont pour coéquipiers les valeurs de mauvais sens.
La Côte d'Ivoire est atteinte du virus de la médiocrité jusqu'au point où le "vrai" et "faux" et le "faux" est "vrai"
Je suis désolé pour votre corporation. Elle est dans un bateau sorcier.

Écrit par : MYKA | jeudi, 13 janvier 2011

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