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jeudi, 06 septembre 2012

Entrée en 6e: Vers la fin d'un système trop élitiste

Il y a environ deux ans (précisément le vendredi 17 septembre 2010), le FORUM DE IEP TOURE publiait un article intitulé: Barre d'admission en 6e: A quand la fin de ce système si élitiste ?
Si en son temps la question pouvait apparaître comme un vague vœu pieux, depuis l'année 2011, elle a commencé à trouver un début de réponse avec la baisse de la barre d'admission à 100 points.
Cette initiative louable de Madame le Ministre de l'Education Nationale (photo ci-dessous) sur la voie de la suppression progressive du concours d'Entrée en 6e est à saluer et à encourager. C'est pourquoi, à quelques jours de l'annonce de la barre fatidique pour cette année, il paraît opportun de remettre cet article au goût du jour.

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Pour mémoire, chaque année et cela pendant des décennies, c’était toujours le même scénario, le même spectacle de désolation après la publication des résultats de l'affectation en sixième : de nombreux enfants, pourtant méritants, inconsolables car laissés sur la touche et pour cause: il fallait avoir 110 points (et même souvent plus) sur 170 points possibles pour être admis en 6e, soit une moyenne d'environ 13 sur 20. Ainsi donc, alors que la chance devrait être accordée à tout élève d'un niveau moyen de poursuivre sa scolarité sans entrave au moins jusqu'en classe de troisième (3e), cette barre d'admission est toujours apparue comme un goulot d'étranglement dans le continuum, rendant le système subitement élitiste en classe de CM2.

A y voir de près, la seule chose qui motivait encore le maintien de cette pratique qui ne se justifie plus, c'est le manque de structures d'accueil au niveau de l’enseignement secondaire. Fallait-il pour autant continuer chaque année à sacrifier de jeunes enfants innocents dont le seul tort est de ne pas réussir à se "hisser" parmi l'élite pour aller en sixième ?
L’alibi classique pour justifier cette situation a toujours été le même: "il n'y a pas de moyens pour construire de nouvelles écoles ou salles de classe".
Sans balayer du revers de la main cette réalité liée au contexte économique et financier difficile du pays depuis quelques décennies, il faut reconnaitre cependant que plus qu’une question de moyens, il s’agit davantage d’une volonté de vouloir en faire un axe prioritaire .
Oui, faire de la question une priorité, voilà le véritable élément moteur. Jugez-en vous-même :

-Avions-nous prévu de gérer une guerre et ses effets collatéraux sur près d’une décennie ? Que non ! Pourtant, l’Etat a bel et bien mobilisé des moyens depuis 2002 pour la gérer, parce que cette crise s’est imposée à nous comme une réalité implacable, donc comme une priorité.

-La vague des cinquantenaires en Afrique il y a quelques années était-elle prévue et budgétisée à l’avance ? Bien-sûr que non ! Mais quand elle s’est imposée à l’Afrique comme une réalité doublée d’un phénomène de mode et devenant ainsi donc "une priorité des Africains", les moyens -des milliards !- ont bien été mobilisés par les pays concernés.

Les exemples de ce genre sont légion. C’est pourquoi, l’alibi du manque de moyens ne saurait prévaloir quand il s’agit d’une question aussi importante que celle relative à l’avenir de la nation, des milliers d’enfants (pourtant valables) jetés chaque année à la rue à partir du CM2, tout simplement parce que n’ayant pas pu obtenir 13 de moyenne pour aller en 6e, faute de places dans le secondaire.

Les nouvelles autorités de l'Education Nationale l’ont si bien compris qu’en peu de temps, un pas de géant a été franchi dans ce sens, occasionnant la baisse de la barre d’admission à 100 points l’année dernière.

Pour cette année 2012, en plus des sérieux efforts déjà consentis,
-si les nombreuses réhabilitations entamées dans les structures scolaires déjà existantes se poursuivent,
-si les nouveaux collèges annoncés par Madame le ministre sont livrés dans les délais -et nul doute qu'il en sera ainsi-,
-si tous ces efforts au niveau des structures publiques sont judicieusement conjugués avec les capacités d’accueil des établissements privés crédibles,
il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’un palier supplémentaire sera encore franchi cette année sur la voie de la disparition de cet obstacle qui brise malheureusement -et bien inutilement- le rêve de nombreux enfants méritants.
Cette suppression du concours d’entrée en 6e n’est d’ailleurs qu’une suite toute logique de la politique éducative dont la Côte d’Ivoire s’est délibérément dotée, la Formation Par Compétences (FPC) dont l'objectif principal est de mener le maximum d'apprenants vers la réussite.

Pourra-t-on arriver cette année à la suppression totale en admettant en sixième, tous les enfants admis au CEPE, soit 85 points ? Ce serait l'idéal, tout simplement.
Mais à défaut, une barre entre 90 et 95 points serait déjà un énorme soulagement, en attendant la suppression totale dans un délai que tous les parents d'élève souhaitent le plus bref possible afin que leurs progénitures, de nombreux enfants pourtant valeureux, ne continuent plus d’être éjectés prématurément du circuit scolaire au CM2 comme pendant les décennies antérieures, faute de structures d’accueil dans le secondaire.

TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte d'Ivoire
ieptoure@yahoo.fr

17:05 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 25 juillet 2012

Billet: Et si on devenait tous Ghanéens ?

Lorsqu’après plus de vingt années (1979-2000) le président Jerry Rawlings perdait le pouvoir au profit de John Kufuor, personne ne voulait croire en une transition pacifique. C’était trop beau pour être vrai dans l’Afrique de l'instabilité, des guerres, des conflits et des maux de toute nature.

En fin 2009, les mêmes sentiments ont prévalu chez certains sceptiques lorsqu'à son tour, John Kufuor devait passer démocratiquement le témoin à John Atta-Mills, au terme d'une élection très serrée où l'écart de point entre les deux protagonistes n'était que de ... 1%. Là encore, le Ghana a su donner la leçon, continuant de consolider son renouveau démocratique dans une sous-région où attentats et coups d'état se disputaient le haut du pavé.

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Hier mardi 24 juillet 2012, contre toute attente, John Atta-Mills (photo ci-dessus), président en exercice est mort brutalement des suites d'une courte (?!?) maladie. Et là encore, même dans la douleur, le Ghana est resté digne, se positionnant plus que jamais comme l'une des nations qui montrent le chemin à suivre aux autres en matière de démocratie. En effet, force a été immédiatement donnée à la loi et en quelques heures, la continuité de l'Etat a pu être garantie par la prestation de serment de l’intérimaire, John Dramani Mahama.

Le Président est mort, vive le nouveau président sans bruit de bottes, ni coups de Kalach, ni mutinerie, mais plûtot dans l'honneur et la dignité, privilégiant ainsi l'intérêt supérieur de la nation. Pas sûr qu'au "Gondwana" voisin, pays du Président fondateur (d'après Mamane sur RFI), les choses se seraient passées avec autant de douceur. Sacrés Ghanéens !

Au regard de ce modèle du voisin où la stabilité est devenue une réalité grâce à « une vie politique démilitarisée d’une part, et une armée dépolitisée d’autre part », l'on ne peut qu'être envieux de cet oasis de stabilité depuis environ trois décennies dans une Afrique de l'Ouest plus que jamais tourmentée.

Dans ces conditions, pas bête cette petite réflexion à notre endroit, nous Ivoiriens: et si on devenait tous Ghanéens ? Certainement, on trouverait la formule pour taire définitivement nos querelles, accélérer notre réconciliation et surtout mettre en avant, l'intérêt supérieur de la Nation.

Bien-sûr, cela ne déplairait pas à certains amis à moi pour qui ce serait presqu'un retour aux...sources ! TANOH J.C.C, Y.K (Awol), et bien d'autres encore.
Mais non chers amis, c'est une situation irréaliste, un raccourci qu'on n'oserait d'ailleurs pas prendre car ce n'est pas toujours qu'on en a gardé de bons souvenirs : "les Raccourcis" de Marcoussis sont encore présents dans nos esprits !

Et puis, la Côte-d'Ivoire, c'est quand-même la fièrté de la sous-region, même si cela se conjugue un peu au passé. Trop de bonnes choses chez nous ici au pays ! N'allez pas demander au vieux SENOUFO de laisser tomber son "Tchapalo", au bon vieux GOURO d'abandonner son cure-dents ...

Bref, trêve de plaisanteries ! A défaut de devenir Ghanéens "physiquement", ayons au moins l'humilité de l'être "dans l'esprit", afin de nous inspirer de leur modèle démocratique.

A ce prix, notre pays reprendra pour de bon son statut de leader naturel de la sous-région ouest-Africaine avec en ligne de mire, une ambition chère au Président de la République: faire de la Côte-d'Ivoire, un pays émergeant à l'horizon 2020.


TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1 (Abidjan, Côte-d'Ivoire)
ieptoure@yahoo.fr

23:40 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 18 juillet 2012

MERCI A TOUS !

Lorsque le vendredi 18 novembre 2011 à 06h11min je publiais l'article: "Enseignants, attention aux oreilles", j'étais loin d'imaginer qu'il s'écoulerait huit mois sans une autre publication. Et pourtant, ce temps s'est bel et bien écoulé, huit longs mois d'un silence pesant sur LE FORUM DE IEP TOURE, moments que j’ai moi-même vécu très difficilement.
Les raisons ?

Ce même vendredi 18 novembre 2011 justement, aux environs de 12h, sorti de mon bureau, je m'apprête à emprunter mon véhicule de service stationné dans la cours de l'Inspection (IEP Daloa-3) lorsqu’un individu vêtu de tenue civile et armé d’un pistolet automatique avance à grands pas vers moi, me somme de ne pas bouger et récupère la clé du véhicule et mes téléphones portables. Dans le même temps, mes collaborateurs du service encore présents sur la terrasse sont immobilisés par ses deux complices aussi armés. Tout ce beau monde est par la suite conduit à l’intérieur de mon bureau en file indienne et les mains en l'air, dans la pure tradition d'un scénario de Western à l'américaine.

Tous allongés à plat ventre dans le petit carré du bureau devenu très exigu pour la circonstance, la suite se passe de commentaires:
- Trente (30) minutes de séquestration sous la menace de pistolets automatiques,
- Fouilles interminables
- Menaces traumatisantes
- Véhicule de service emporté, 12 téléphones portables et environ 200.000 F récupérés sur mes collaborateurs et moi, otages temporaires d'un vendredi 18 novembre 2011...

Pas totalement remis de cette agression, la mutation du 27 décembre 2011 de Daloa à...Abidjan survient, avec prise de service le 6 janvier 2012 marquant le début d'une adaptation à de nouvelles réalités. Il faut en effet :

-Maitriser l’environnement trop mouvementé qui contraste avec la quiétude de l’intérieur du pays,
-S’imprégner du boulot sur place en ayant pris « le train en marche » en pleine année scolaire,
-Honorer les sollicitations de la hiérarchie (Directions centrales, Direction Régionale, etc.)
-Apprendre à pratiquer de nouveaux collaborateurs
-S’adapter à l’intensité du trafic et aux…embouteillages,
-Gérer les allers et venues à Daloa pour voir la famille restée sur place, etc.

En somme, un enchaînement infernal pour « un broussard » fraichement débarqué à Abidjan. Dur de se concentrer dans ces conditions pour faire des publications.

L’éclaircie dans toute cette grisaille, c’est que pendant cette période de disette, votre soutien ne m’a pas manqué un seul instant. Que de e-mails reçus ! Que d’appels téléphoniques de soutien ! Que de mots de réconfort pour ceux d’entre vous qui ont pu le faire de vive voix et de visu !
Que demander encore d'autre ? Rien du tout car votre soutien et vos prières sont les seules choses qui nous ont permis de garder la foi et de tenir le coup.
-Que vaut une Mistsubishi L200 4x4 double cabine emportée (aussi neuve et performante fût-elle) devant autant d'amitié, de sympathie et de soutien manifestés de la part des nombreux amis que vous êtes ?

-Que valent des portables et de l'argent perdus devant des vies sauves par la Grace de DIEU, après avoir côtoyé la mort pendant des minutes interminables ?


C’est pourquoi, à chacun d’entre vous qui m’avez soutenu, je vous dédie cette publication dont le titre traduit éloquemment le message que j’ai pour vous : MERCI A TOUS !

Le plus dur est passé, « le broussard » maîtrise un peu plus le nouvel environnement et s'accommode mieux aux...embouteillages.
Et surtout, grâce à vous, la force et le moral sont intacts pour poursuivre l’aventure sur LE FORUM DE IEP TOURE, une nouvelle…saison sur votre forum d’échanges avec encore davantage de motivation, de conviction et d’envie, et surtout avec une nouvelle signature : non plus IEP Daloa-3, mais maintenant IEP Adjamé-1 !

A très bientôt

TOURE YOUSSOUF
IEP Adjamé-1
ieptoure@yahoo.fr

18:46 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 19 octobre 2011

Les évaluations dans l'enseignement primaire: Comprendre la problématique

Par
TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l’Enseignement Préscolaire et Primaire
Chef de la Circonscription de Daloa-3
• • • • •

Dans la pratique pédagogique, l’évaluation est un élément fondamental car elle constitue l’instrument d’appréciation des enseignements administrés en classe.
Si le bien fondé des évaluations périodiques programmées par la Direction des Ecoles, Lycées et Collège (DELC) ne souffre d’aucune contestation, les conditions de leur exécution sont malheureusement sujettes à beaucoup de polémiques, bien souvent inutiles.
Pourquoi tant de controverse autour d’une activité pourtant si capitale pour l’instruction et l’éducation des jeunes élèves ?
Pourquoi tant de divergence de vue
- d’un acteur à un autre - autour d’une activité qui devait pourtant faire l’unanimité dans son exécution, eu égard à son caractère éminemment important dans l’approche pédagogique en vigueur, la FPC ?

La présente contribution a pour objectif d’apporter quelques éclairages qui - nous le souhaitons vivement - contribueront à rapprocher les visions et les positions des uns et des autres relativement à cette question si sensible des évaluations dans l’enseignement primaire.


I- POURQUOI DES EVALUATIONS HARMONISEES ?

1- Typologie des évaluations dans le primaire

Dans l’enseignement primaire, l’évaluation est davantage formative, s’effectuant au quotidien et de façon permanente par l’enseignant dans sa classe. La Formation Par Compétences (FPC), nouvelle approche pédagogique qualifiée de "pédagogie de l’évaluation permanente", met encore mieux en évidence, le caractère primordial de cette activité.

Toutefois, en complément de cette évaluation formative effectuée au jour le jour, le Ministère de l’Education Nationale, à travers la DELC élabore chaque année un calendrier d’évaluations périodiques sommatives, à caractère normatif et à grande échelle (tous les élèves de la circonscription sont concernés en même-temps), afin de permettre à l’Inspecteur de mieux suivre le degré d’exécution des programmes dans chaque école. Limitées à quatre pour les classes de CM2 (2 compositions et 2 examens blancs), elles sont au nombre de cinq pour les classes intermédiaires, prenant en compte la composition de passage. Ces évaluations périodiques, pour plus de crédibilité doivent être nécessairement harmonisées sur toute la circonscription.

2- Qu’est-ce qui justifie des évaluations harmonisées ?

Les facteurs qui militent en faveur d’une organisation des évaluations avec des sujets uniformisés sont nombreux. Parmi eux, l’on peut retenir les plus essentielles, entre autres :

• L’harmonisation des sujets permet un suivi plus efficace des progressions par l’Inspecteur et en garantit une évolution harmonieuse dans toutes les écoles, chaque enseignant étant tenu de faire l’effort nécessaire pour atteindre la limitation de semaine de cours retenue pour chaque composition.
Cela s’impose d’autant plus que lorsque la latitude est laissée à chaque école d’organiser l’évaluation de façon interne, chacun compose son sujet en fonction de son niveau d’avancement dans les programmes. A titre d'exemple, dans un même groupe scolaire, les élèves du CE2-A peuvent être évalués jusqu’en semaine 10, pendant que ceux du CE2-B ne le sont seulement qu’en semaine 6, pour la même composition. Tout simplement parce que sans la contrainte d’une uniformisation des sujets, les Directeurs d’école et adjoints ne mettent aucun système en place pour palier les nombreuses absences des enseignants et rattraper les retards qui en découlent.

• Elle facilite également le contrôle de la qualité des épreuves par l’Inspecteur et son équipe pédagogique. En effet, cette formule réduit considérablement la quantité de sujets à produire et à contrôler, qui se limite à quatre épreuves pour chaque niveau de cours, soit un total de 24 sujets et 24 barèmes pour les six cours (du CP1 au CM2). A titre indicatif, ces quatre épreuves sont :

Pour les CP: Français, Mathématique, ECM, Dessin
Pour les CE-CM : Etude de texte, Eveil au Milieu, Dictée, Mathématique

Lorsque chaque école est autonomisée dans l’élaboration des épreuves, cela équivaut à 24 sujets par école, soit pour une circonscription comptant environ 50 écoles, un total de 1200 sujets et autant de barèmes à contrôler. Toute chose qui est techniquement et humainement impossible pour l’IEP et son service Evaluation.

Il est à préciser à toutes fins utiles que ce contrôle de qualité porte sur:
- la justesse des contenus des épreuves et leur conformité avec le programme en vigueur
- la formulation des questions
- le dosage des devoirs (longueur des sujets et degré de difficulté des questions)
- la qualité de la saisie et de la mise en page
- etc.

II- LA QUESTION DU SUPPORT DE COMPOSITION

Pendant notre cycle primaire (il y’a environ une trentaine d’années), l’on se souvient encore des traditionnels cahiers de compositions où le maître prévoyait les modèles à l’avance pour les petites classes, tandis que les grandes classes y effectuaient leurs devoirs à partir de sujets portés au tableau.
Peut-on raisonnablement se permettre en 2011 de s’inscrire encore dans le même schéma ? Bien-sûr que non, le système d’évaluation ne pouvant rester en marge des avancées technologiques.
C’est pourquoi, plus que jamais, des supports de composition pré-imprimés s’imposent.

1- Pourquoi des supports de composition ?

Les arguments qui militent en faveur de l’utilisation de supports de composition sont si nombreux que l’on ne peut les évoquer de façon exhaustive dans un tel forum, au risque de lasser le lecteur et de relâcher sa concentration. Toutefois, quelques points essentiels sont répertoriés dans l’argumentaire qui suit :

Le calendrier des évaluations périodiques: établi à chaque rentrée scolaire par la DELC, elle prévoit l’exécution de l’évaluation en un seul jour pour chaque niveau de cours. Quand l’on sait que le nombre de sujets à exécuter s’élève jusqu’à quatre (Français, Mathématique, ECM, Dessin pour les CP et Etude de texte, Eveil au Milieu, Dictée, Mathématique pour les CE-CM), il est techniquement impossible d’exécuter la composition en un jour sans des supports pré-imprimés.

Les exigences de la FPC: le système d’évaluation en FPC est très exigeant, les exercices étant basés en grande partie sur des modèles à présenter aux élèves -surtout dans les petites classes-, selon une typologie qui comprend:
- des Questions à Choix Multiples (QCM)
- des Tests de Closure (phrases à trou, schémas à annoter, etc.)
- des exercices d’appariement
- des questions dichotomiques (oui ou non, vrai ou faux)
- des questions à réponses construites
- etc.
Une évaluation en FPC est donc inimaginable sans des supports pré-imprimés où tous les modèles sus-indiqués sont conçus à l’avance.

Les exigences d’efficacité et de crédibilité: pour l’efficacité et la crédibilité des évaluations périodiques, il est important que l’Inspecteur et sa cellule de pédagogie puissent contrôler le processus du début à la fin (élaboration des sujets, supervision de l’exécution dans les classes, etc.). Ce contrôle qui nécessite une grande rigueur est quasiment impossible si les sujets sont portés au tableau ou dans un cahier de compositions. Pourtant, il est indispensable que les notes issues de ces évaluations soient crédibles, dans la mesure où au CM2, ces notes (MGA) comptent à hauteur de 40% dans l’examen final national du CEPE et du concours d’entrée en 6e.

De plus, l’on note un gain significatif de temps dans la planification des épreuves qui peuvent contenir en un seul jour, ce qui n’est pas possible en l’absence de supports pour les élèves.

Les contraintes liées à l’environnement des classes: si l’on devait envisager l’exécution des sujets au tableau, cela serait de nature à pénaliser considérablement les élèves pour plusieurs raisons :

- dans de nombreux établissements, les tableaux muraux sont dans un état de dégradation très avancé. Dans certaines écoles déshéritées, les salles de classe ne disposent même pas de tableau mural, fonctionnant avec des tableaux sur chevalet.

- la taille des tableaux constitue une autre contrainte car ils ne peuvent pas contenir l’entièreté d’un sujet en même temps, surtout dans les grandes classes.

- la visibilité du tableau n’est pas la même pour tous les élèves. Certaines salles sont "naturellement sombres" car très peu ajourées. Dans d’autres cas, la position des bâtiments, leur orientation par rapport à la trajectoire du soleil, la taille des fenêtres ou des claustras sont autant de facteurs qui provoquent des reflets rendant difficile la lisibilité du tableau à partir de certaines positions dans la classe. D’ailleurs, il est très courant de voir des élèves se mettre debout ou se déplacer lors des copies de leçons en classe, ce qui est inacceptable pendant une évaluation.

La préparation progressive à l’examen du CEPE/Entrée en 6e : il est totalement incongru d’évaluer un élève durant tout son cycle sur un support quelconque (feuille ou cahier) où il répond aux questions en toute liberté sans contrainte de gestion de l’espace, et lui présenter en fin de cycle primaire, le jour de l’examen de surcroit, un support qui confine ses réponses attendues dans un espace très limité qui n’excède pas souvent deux lignes. Il est clair que ce déphasage augmente considérablement les risques d’échec d’un tel élève qui, en manque de repères sur la copie, ne sera pas à l’abri des nombreuses ratures, des réponses inachevées car trop longues pour l’espace prévu et de bien d’autres difficultés.
C’est pourquoi, le support de composition harmonisé s’impose, non seulement pour préparer l’élève dès le début de son cycle au remplissage correct de l’en-tête, mais aussi et surtout pour lui donner la possibilité d’avoir sur la copie de composition, des repères précieux qui lui seront d’un apport très appréciable le jour de l’examen final en fin de cycle primaire.

L’impératif de suivi par les parents: le support de composition facilite considérablement le suivi du travail scolaire par les parents. En effet, ce document, en plus de sa présentation correcte, offre l’avantage de présenter les questions clairement formulées avec les réponses de l’élève. Par contre, pour des sujets portés au tableau, non seulement la feuille de composition est banalisée, mais également elle ne comporte que les réponses de l’élève, difficiles à cerner en l’absence des questions initialement posées.

Au regard de tout ce qui précède, l’élaboration d’un support de composition par discipline et pour chaque élève semble se justifier pleinement. La question est-elle réglée pour autant ?

2- L’épineuse question du financement

Si le principe d’offrir des supports aux élèves bénéficie de nombreux arguments qui militent en sa faveur, le sujet n’est pas épuisé pour autant car la vraie question reste celle du financement d’une telle opération d’envergure. Comment faire ?

La piste budgétaire

L’idéal aurait été que dans les budgets des inspections, la ligne d’achat de fournitures techniques (ligne 6215) soit correctement approvisionnée afin de permettre, en plus des charges habituelles de fonctionnement, l’achat du matériel nécessaire pour les évaluations (papier, encres, masters, autres consommables informatiques, enveloppes et autres matériels de conditionnement, etc.).

Malheureusement, dans l’état actuel des choses, ces lignes budgétaires sont si "petitement" approvisionnées que leurs dotations suffisent à peine pour couvrir l’achat sur toute l’année de registres d’appel, de cahiers journaux, de fiches scolaires et surtout de craie, "matière première" prioritaire de l’enseignant.
De plus, toutes les inspections à ce jour ne sont pas encore pourvues de risographe.

Si cette piste devait constituer la solution, il faudrait donc en urgence :
- doter de risographe, les inspections qui n’en disposent pas encore.
- instruire la DAF du Ministère d’approvisionner correctement les lignes budgétaires concernées, sur la base d’indicateurs techniques liés à l’exécution des évaluations, toute chose que les IEP pourraient mettre à la disposition de la tutelle.

La piste communautaire

En cas de difficulté de financement au niveau de la DAF, la piste communautaire pourrait constituer un palliatif en attendant des lendemains meilleurs.
Sans remettre en cause la gratuité de l’école, il s’agirait de solliciter le soutien des parents pour l’exécution de cette activité importante pour leurs enfants et cela, dans un cadre réglementaire défini par le Ministère. Contrairement à l’idée de croire qu’il s’agirait d’une charge supplémentaire pour eux, ce cadre réglementaire constituerait plutôt une balise qui mettrait les parents à l’abri des cotisations anarchiques et trop souvent exorbitantes effectuées sous le couvert des évaluations.
A ce niveau également, l’approche technique des IEP pourrait orienter la prise de décision relativement aux montants des éventuelles contributions qui pourraient être sollicitées des parents.

NB: il est à noter qu’en dehors de ces deux pistes, le Ministère peut proposer d’autres approches, pourvu qu’elles permettent une évaluation correcte et rigoureuse des élèves dans un souci de crédibilité et d’efficacité.


Nul doute que si la tutelle (Ministère de l’Education Nationale) est suffisamment instruite de tous les contours de la question des évaluations dans l’enseignement primaire, elle prendra les décisions qui s’imposent afin d’en assainir l’environ et partant, de crédibiliser davantage les notes qui en découlent et qui comptent pour l’examen du CEPE/Entrée en 6e.

Cela sera salutaire pour éviter que ces précieuses notes continuent d’être attribuées dans des conditions qui échappent totalement à l’Inspecteur, notes qu’il doit pourtant valider pour le calcul des moyennes de passage en classes supérieures et surtout des MGA constituant au titre des contrôles continus, 40% à l’examen du CEPE et du Concours d’Entrée en 6e.

Et les plus grands gagnants, ce seront à coup sûr les parents d’élèves, trop souvent grugés sous le couvert des évaluations par des Inspecteurs, des Conseillers pédagogiques, des Directeurs d’école ou des enseignants véreux.




TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
Chef de la Circonscription de Daloa-3
06-96-99-96 / 02-67-02-76

06:35 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | |

lundi, 22 août 2011

L'épineuse question des examens pédagogiques dans l'enseignement préscolaire et primaire

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Malgré le contexte très difficile de l’après crise, tous les acteurs de l’école se sont mobilisés pour sauver l’année scolaire dont le dénouement sera l’exécution des examens à grands tirages qui débuteront à partir du mardi 06 septembre 2011 avec le CEPE/Entrée en 6e.
Dans l’enseignement préscolaire et primaire, les indicateurs palpables de cette mobilisation sont nombreux: réouverture de la quasi-totalité des écoles, réalisation des contrôles continus des élèves, exécution des examens pédagogiques de titularisation et d’intégration (CAP et CEAP) pour de nombreux candidats, etc.

Les examens pédagogiques justement, parlons-en ! Que de supputations, de critiques et de suspicion à n’en pas finir à ce sujet ! Au centre de toutes ces récriminations se trouve bien malheureusement l’Inspecteur. Accusé à tort ou à raison ? Les avis divergent d’un individu à un autre selon sa sensibilité.
Quoi qu’il en soit, les médias en ont souvent fait l’écho de façon très retentissante (cf Le Patriote du 10 janvier 2009 ; Notre Voie du 1er juin 2010), avec au menu, des griefs tournant généralement autour du racket et du manque de conscience professionnelle, doublés d’un état d’avilissement inacceptable pour cette fonction pourtant si noble dans un passé encore très récent. Y croire ou ne pas y croire ? Difficile d’y répondre, car en effet :

• Faut-il croire qu’un examen puisse être expédié en moins d'une heure et demi (prestation et critiques y compris) alors que normalement, il ne devrait pas durer moins de 4 heures pour une titularisation et 7 heures pour une intégration ?

• Est-il crédible d'entendre dire que certains examens sont validés par l’Inspecteur (admission ou échec) alors qu’il n'a suivi aucune des prestations en classe, ne serait-ce qu'au moins une discipline ?

• Faut-il croire qu'un Inspecteur puisse en arriver à harceler les candidats et imposer des montants à payer avant de leur "offrir" l'examen ?

• Est-il possible que l’examen devienne un acte tarifé où l'IEP ne joue qu'un rôle "d'encaisseur de fonds" pour laisser ensuite les Conseillers pédagogiques exécuter "des mascarades d'examens" ?

• Peut-on croire qu'un IEP puisse en arrive à réclamer "son dû" aux candidats, souvent même par message (sms) avant de venir les voir ?

• Est-ce possible qu’un IEP fasse signer une reconnaissance de dette à un candidat qui n’est pas en mesure de "payer son examen" au moment du passage de la commission ?

• Peut-on imaginer que les stagiaires, dès leur arrivée déjà en début d’année scolaire, soient "vendus" -et souvent à prix d’or- à des villages déshérités qui en ont le plus grand besoin ?

Bref, que d’interrogations troublantes !

Pour ma part, mon instinct d'Inspecteur m'invite à rejeter catégoriquement ces "allégations" car j’imagine difficilement qu'un IEP, eu égard à la noblesse du métier qui est le sien, puisse en arriver à vendre son âme au diable à ce point.
Seulement voilà: mon assurance est souvent trahie par la conviction qui se dégage des propos de certains candidats victimes de telles pratiques ou des personnels des CAFOP (Directeur, éducateurs, professeurs) avec lesquelles ils sont en contact permanent, au point que l'on est bien tenté de croire que dans certaines inspections, bon nombre de ces récriminations semblent fondées, malheureusement.

Dans un tel contexte, que faire ?

Il est important que chacun, à quelque niveau qu’il se situe dans la chaîne, fasse son examen de conscience afin d’adopter le comportement juste qui contribuera à améliorer la situation. Ainsi donc :

Au niveau des Inspecteurs de l’Enseignement Préscolaire et Primaire

-Les Chefs de Circonscription: Si d’aventure certains IEP se reconnaissent dans ce qui nous est reproché (car je continue d’avoir du mal à y croire), il est grand temps qu’ils arrêtent de déshonorer à ce point notre corporation. Il est impératif que nous ne perdions pas de vue notre rôle de formateur avant d’être évaluateur. C’est pourquoi, nous devons plutôt initier pour ces novices des séances de formation continue, d’une part pour harmoniser leurs acquis des différents CAFOP d’origine, et d’autre part pour compléter leur formation initiale théorique reçue dans ces centres de formation.

-Les Directeurs de CAFOP: Les Directeurs de Cafop doivent s’impliquer davantage dans la sensibilisation des stagiaires au cours de leur formation en les invitant à ne pas céder au laxisme, à la paresse, à la légèreté, à la facilité et aux intimidations de quelque nature que ce soit une fois sur le terrain. Il est indispensable de leur signifier déjà à la base que ne réussiront sur le terrain que ceux qui travailleront dans les normes.

-Le Syndicat des IEP: Le bureau exécutif du Syndicat des IEP (le Synaieppci) devrait prendre le devant de la bataille relativement à cette question car elle écorche sérieusement l’honorabilité et la crédibilité de l’ensemble des Inspecteurs de Côte-d’Ivoire. Ce combat est d’autant plus justifié que le code de déontologie dont nous nous sommes librement doté en 2007 a pour objectif de contribuer à la moralisation de notre corporation et de ce fait, condamne très fermement de telles pratiques déshonorantes pour elle. Le cas échéant, le Synaieppci devra collaborer étroitement avec la tutelle (Le Ministère de l’Education Nationale) afin de contribuer à assainir l’environnement des examens pédagogiques et faire en sorte que certaines valeurs nobles recommencent à signifier quelque chose dans nos rangs.

Au niveau des collaborateurs des IEP

Même si l’Inspecteur a "le dos large" et endosse toutes les responsabilités, il est bon de savoir que celui-ci est souvent victime de certains collaborateurs indélicats qui sont les vecteurs de ces pratiques honteuses. Il est donc impératif que certains agents du bureau, les Conseillers Pédagogiques et les Directeurs d'écoles (pas tous, heureusement) arrêtent de racketter les candidats dans le dos de l'Inspecteur, sous le prétexte que c'est à sa demande qu’ils agissent.

Au niveau des candidats

Quant aux candidats eux-mêmes, il est primordial qu’ils se mettent sérieusement au travail et arrêtent de harceler les IEP par des sommes d'argent ou "autres" qui ne leur sont pas toujours exigées.
Un remerciement ou une reconnaissance peut se manifester après l’examen en toute liberté, mais pas avant.

Au niveau de l’autorité de tutelle (Ministère de l’Education Nationale)
Le Ministère de l’Education Nationale devra inévitablement prendre des mesures coercitives adéquates et des sanctions exemplaires dans des cas de flagrance avérée.

Toutefois, afin d’avoir les coudées franches pour le faire, il est impératif que certaines actions soient menées dans le sens d’améliorer les conditions d’exécution de ces examens par les IEP. Il s’agit entre autres :

Au niveau de la DAAF
-Le carburant: il serait salutaire d’allouer des lignes objectives de carburant aux IEP du fait du caractère très itinérant de leur fonction (environ 70% de temps à passer sur le terrain et 30% au bureau). En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, l’amer constat fait pendant les conférences budgétaires en région révèle que les Inspections ont des lignes de carburant nettement inférieures à celles d’autres structures pourtant sédentaires, dont les champs d’action ne se limitent notoirement qu’à des espaces très réduits. Quand de surcroit le peu de carburant alloué n'est pas payé par le trésor pendant des années, cela n'équivaut-il pas à inviter les chefs de structure à "se débrouiller" comme ils le peuvent ?

-L’entretien et la réparation des véhicules: en jetant un coup d'œil sur cette ligne au niveau des budgets des inspections, l'on se rend compte que les dotations qui y sont inscrites suffisent à peine pour faire deux vidanges du véhicule 4x4 à la CFAO ou pour acheter quatre (04) pneus. Il est extrêmement impératif de prêter une bienveillante attention à cet aspect pour permettre aux IEP de courir moins de risques sur les pistes dont l’état de dégradation n’est plus à démontrer.

Au niveau de la DECO
-Le profil de recrutement: vivement que la DECO "sécurise" davantage le concours d’entrée dans les CAFOP afin d’éviter que l’on retrouve dans nos écoles, des stagiaires de 40 ans (et même plus !), avec des BEPC douteux et qui n’ont d’autre alternative que d’harceler les IEP avec de fortes sommes d’argent pour "acheter" leur admission.

-La question des indemnités d’examen: Il est souhaitable que des indemnités correctes et motivantes soient octroyées pour ces examens de CAP et de CEAP dont les conditions d’exécution sont des plus difficiles, des plus contraignantes et des plus risquées.
Imaginez un Inspecteur qui quitte son domicile à 5h du matin pour pouvoir arriver avant 8h dans une école après un parcourt de 40 à 50 km sur une piste très dégradée, passe environ 4h d’examen (pour une titularisation) ou 7 h (pour une intégration), passe souvent la nuit dans le village (dans les cas d’intégration qui ne s’achèvent pas tôt), pour une indemnité de…1.000F par candidat ! Quelle motivation faut-il attendre de cet IEP, alors que les indemnités pour les examens dans d’autres ordres d’enseignement (où les conditions sont pourtant moins contraignantes) sont établies à plus de 2.000 F et cela par heure et non par candidat ?
L’on n'irait pas jusqu'à suggérer des primes de risque pour ces examens bien que cela pourrait se justifier pleinement, mais que des indemnités conséquentes soient au moins allouées.

Au niveau de la DELC
Une tournée de sensibilisation et de mise en garde effectuée par la DELC dans tous les CAFOP en présence de tous les Inspecteurs de la zone concernée serait de nature à refroidir d’éventuelles velléités malsaines d’une part, et permettrait aux stagiaires de mieux préparer le terrain d’autre part.

En somme, depuis le sommet de la hiérarchie éducative jusqu’au candidat dans sa classe en passant par les différents niveaux de hiérarchisation, chaque acteur devra jouer correctement sa partition afin de contribuer à solutionner cette épineuse question des examens pratiques de titularisation et d’intégration.

Sans avoir la prétention d’avoir abordé le sujet de façon exhaustive et dans toute sa complexité, j’espère réussir (très modestement) à ébaucher les axes d’une réflexion qui, après enrichissements par d’autres intelligences, aboutira à assainir totalement l’environnement très controversé des examens pédagogiques du CAP et du CEAP dans l’enseignement primaire.

Si un tel pari était réussi, cela constituerait à n’en pas douter, un important pas franchi pour sauver l’image de l’Inspecteur. Ou du moins ce qui en reste encore !


TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
Chef de la Circonscription de Daloa-3

Tél: 32-78-20-33 / 02-67-02-76
e-mail: ieptoure@yahoo.fr

04:21 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | |

mardi, 07 juin 2011

Plaidoyer pour une autonomisation de l'enseignement préscolaire et primaire

L’actualité brûlante, c’est la publication depuis quelques jours de la nouvelle équipe gouvernementale issue des élections présidentielles du 28 novembre 2011, avec 36 portefeuilles ministériels.

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Si la crise économique persistante a induit des équipes réduites depuis plusieurs années, la dernière mouture avec 36 postes sonne le retour des gouvernements plus étoffés. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la récession budgétaire, loin s’en faut. Cette équipe "élargie" -malgré le contexte de crise- ne peut s’expliquer que par la volonté du nouveau pouvoir de définir pour les ministères, des contenus moins pléthoriques et plus précis, afin de mieux rapprocher l’administration des administrés et « toucher les problèmes de plus près », dans un souci d’efficacité.
Dans cette optique, les acteurs de l’enseignement préscolaire et primaire ne peuvent que lorgner sur l’une des choses qui leur tient le plus à cœur : l’autonomisation du secteur de l’éducation de base. Un ministère de l’Enseignement Préscolaire et Primaire ? Ce serait tant mieux. Mais à défaut, une Direction Centrale, pourquoi pas !

2138689-2979342.jpg?v=1289617726 Encore un ministère de plus ! », penseront certains. Certainement. Mais un ministère de trop, pas du tout !
En réalité, il faut appartenir au milieu de l’éducation de base (ou l’approcher) pour mieux appréhender la complexité de son fonctionnement. Sans avoir la prétention de le décrypter exhaustivement, il convient tout de même de donner un petit aperçu de la réalité qui sous-tend le vaste univers du préscolaire et du primaire.

• Le premier élément à retenir, c’est la taille de cette frange du système éducatif ivoirien qui fonctionne avec :
-environ 10.000 écoles (préscolaires et primaires confondues)
-plus de 50.000 enseignants
-186 Circonscriptions d'enseignement préscolaire et primaires
-près de 2.000.000 d’élèves
-des dizaines de milliers d’infrastructures (classes, logements, cantines, bureaux,...)
-etc.
Toutes ces données qui constituent des indicateurs objectifs de la représentativité de l’éducation de base dans notre système éducatif justifient aisément les nombreux et importants financements dont ce secteur fait l’objet de la part des bailleurs de fonds et organismes internationaux.

• Un autre élément important milite également en faveur de cette autonomisation: il s’agit de la complexité de la gestion et du fonctionnement de cet ordre d’enseignement.
En effet, les circonscriptions d’enseignement préscolaire et primaire (dirigées par des Inspecteurs) se déclinent en plusieurs Secteurs Pédagogiques (dirigés par des Conseillers pédagogiques), eux-mêmes se déclinant en écoles (dirigées par des Directeurs). La gestion des activités -pédagogiques, administratives et extrascolaires- est fortement influencée par ce système à hiérarchisation intermédiaires très prononcée, ce qui lui confère un caractère complexe et délicat, doublé d’une nature spécifique.
Quand en plus l’on sait que chaque Direction Régionale comprend généralement plusieurs Inspections d’une part, et que chaque Inspection renferme en moyenne 50 écoles dont les 2/3 se trouvent dans des villages souvent très éloignés et d’accès difficiles d’autre part, l’on imagine aisément que la gestion du préscolaire et du primaire ne peut être efficace si elle s’effectue dans un moule commun aux autres ordres d’enseignement, notamment le secondaire où les rapports hiérarchiques entre la tutelle -Cabinet, Directions centrales, DREN- et les établissements sont nettement moins alambiqués.

• Enfin, la réussite des grands chantiers du système éducatif ivoirien, dont le plus important reste la scolarisation à 100%, passe nécessairement par un enseignement de base solide et efficace, avec entre autres:
-une véritable politique de formation continue et de perfectionnement professionnel du personnel d’encadrement (IEP, Conseillers pédagogiques, Enseignants)
-l'instauration d'un mécanisme devant permettre de mieux crédibiliser les examens pédagogiques (CAP et CEAP)
-la nécessaire vulgarisation des écoles maternelles
-l'octroi d'une cantine à chaque école
-l’instauration d’une vraie politique d’autosuffisance en vivres au niveau des cantines scolaires
-l’assainissement réel de l’environnement scolaire
-une redynamisation adéquate et coordonnée des activités extrascolaires et socioéducatives
-la réussite pour tous les élèves (ou presque) pour coller à la réalité de la Formation par Compétences.
-etc.
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Je voudrais m’en tenir à ces quelques motivations parmi les nombreuses autres qu’on ne saurait évoquer de façon exhaustive dans un tel forum, au risque de lasser les lecteurs par la longueur des éléments justificatifs.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que tous ces objectifs, aussi primordiaux les uns que les autres, ne peuvent être atteints si la gestion du secteur de l’enseignement préscolaire et primaire reste confinée dans sa configuration actuelle. C’est pourquoi, cette autonomisation souhaitée n'est en réalité qu'un nécessaire -pour ne pas dire indispensable- palier à franchir.

Evidemment, l’octroi d’un département ministériel (ministère plein ou ministère délégué) serait l’idéal. Mais à défaut et en attendant des lendemains meilleurs, cet ordre d’enseignement pourrait bien se contenter d’une Direction Centrale: la Direction de l’Enseignement Préscolaire et Primaire.

Raisonnablement, ce n’est pas trop demander car seulement à ce prix, l’on pourra espérer un enseignement de base performant et efficace, gage d’un système éducatif de qualité en Côte-d'Ivoire.


TOURE Youssouf
IEP Daloa-3
ieptoure@yahoo.fr

12:50 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 04 mai 2011

CAIEP 2010: Drôle de concours !

Le CAIEP, c’est le Certificat d’Aptitude à l’Inspection des Ecoles Préscolaires et Primaires. C’est le prestigieux (?!?) diplôme qui donne accès à la non moins prestigieuse (?!?) corporation des Inspecteurs de l’Enseignement Préscolaire et Primaire de Côte-d’Ivoire. L’organisation de la session 2010 de ce concours est un véritable phénomène digne de figurer dans le livre des records GUINESS. Si vous n’y croyez pas, parcourez ce qui suit et essayez vous-même de saisir… l’insaisissable !

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C’est l’histoire d’un concours qui débute au mois de juin 2010. En effet, l’épreuve écrite du concours d'accès au cycle de formation des Inspecteurs de l'Enseignement Préscolaire et Primaire est programmée et exécutée le mercredi 16 juin 2010. A cette époque, le locataire du ministère de la Fonction Publique est monsieur Emile GUIRIEOULOU (photo ci-dessus). Après la phase écrite, silence radio pendant six (6) mois ! Six longs et interminables mois pour les postulants, délai au terme duquel une liste de 40 admissibles pour l’oral est finalement publiée le 31 décembre 2010, sous la signature de … Elisabeth Badjo Djécoury épouse DAGO, qui a hérité entretemps du ministère de la Fonction Publique dans le gouvernement AKE N’GO à l’issue de l’élection présidentielle controversée du 28 novembre 2010.

1133665783.jpgLes premières contestations ne se font pas attendre, dénonçant des fraudes massives. Dans les coulisses, il se murmure que « la bonne liste » n’a pas été publiée, et l’affaire éclate dans la presse locale. A cette époque, nous avons publié nous-même une contribution sur le sujet, intitulée: « Concours des Inspecteurs de l'Enseignement Primaire: Faut-il croire à une mascarade ? ». Les partisans de la contestation finissent par avoir gain de cause car à la surprise générale, le résultat publié le 31 décembre est invalidé et dans la foulée, la composition est reprogrammée pour le … 16 mars 2011. Malgré les protestations et les démarches auprès de Madame le Ministre et de Monsieur le Premier Ministre d’alors (Aké N’GO), les « 40 malheureux » ont dû se résoudre à reprendre la composition avec tous les autres (et mêmes de nouveaux candidats ajoutés au passage sur la liste). Avec la promesse cette fois-ci que les résultats ne prendraient plus six mois, mais seraient disponibles une petite quinzaine de jours après, c’est-à-dire dans la première semaine du mois d’avril 2011 au plus tard. Seulement voilà: la crise postélectorale a pris une autre tournure à partir du 27 mars et dans la période indiquée, Abidjan est déjà en guerre.

La suite, on la connait: bureaux saccagés, ordinateurs emportés, documents détruits... Et surtout, nouveauté de taille: le ministère de la Fonction Publique a encore changé de pensionnaire. Monsieur Gnamien KONAN est arrivé, ce « troisième larron » qui doit finalement prendre la décision définitive (nous l'espérons !) pour un concours dont l’organisation à commencé … un an plus tôt, au moment où lui-même ne se soupçonnait pas encore futur ministre de la Fonction Publique.
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Aujourd’hui 4 mai 2011 (date de publication du présent article), on en est là pour l'instant pour ce concours dont l’organisation toute aussi rocambolesque que singulière traduit la triste réalité du pourrissement de l'environnement des concours en Côte-d'Ivoire.

Juin 2010 - Mai 2011 : 12 mois, 2 compositions écrites et 3 ministres que ce concours aura traversé pour ... rien ! Aucun résultat définitif à ce jour.
Voici le nouveau décor des concours dans notre pays, la Côte-d’Ivoire.
Voici messieurs les IEP, ce qui reste du prestigieux concours que vous avez réussi avec fierté et honneur, au moment où le mérite signifiait encore quelque chose.

Vivement que le nouveau Ministre de la Fonction Publique mette fin à ce type de mascarade pour plus crédibilité du système ivoirien qui n'a que trop souffert de ces concours truqués.

TOURE Youssouf , un Inspecteur indigné
ieptoure@yahoo.fr

12:59 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 22 avril 2011

Maître JACQUES VERGES: quelle crédibilité ?

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Maître Jacques Vergès, l’un des plus célèbres et expérimentés avocats du barreau français fait partie du collectif des avocats (une dizaine) commis à la défense de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Ce « panel » d’avocats, de par la compétence de ses membres et de par la diversité de sa composition (4 français, 2 congolais, 2 camerounais, 1 sénégalais et 1 ivoirien) est à mon sens, l’un des plus compétents sur la place pour défendre l’ex-président pour les chefs d’accusations qui seront retenus contre lui. Du moins, cela a été ma conviction jusqu’à ce que je parcours hier (jeudi 21 avril 2011) un article sur le site lebanco.net, intitulé «Quand Vergès condamnait Gbagbo » sous la plume de Kakou Ernest TIGORI (infos.unn2010@yahoo.fr).

En effet, ce papier met en évidence certains passages d’un livre intitulé « De la mauvaise conscience en général et de l'Afrique en particulier » publié en 2003 aux éditions JC Lattès et co-écrit avec Bernard Débré, où Jacques Vergès justement défendait une position totalement aux antipodes de la mission à laquelle il participe aujourd’hui.

Voici quelques passages de ce livre, extraits de l’article de Kakou Ernest TIGORI, selon qui l’on peut déjà lire dès la première page du livre :
Les légendes meurent aussi. Celle de la Côte d'Ivoire, « vitrine de l'Afrique », n'aura pas résisté deux ans à Laurent Gbagbo. Déjà ébranlé par la chute des cours du cacao dont il reste le premier producteur mondial, cet ancien fleuron de l'Afrique occidentale française a vu, en quelques mois, se déliter l'héritage de son premier président, Félix Houphouët-Boigny (disparu en 1993) : celui d'un Etat unitaire qu'il avait su protéger, trois décennies durant, de la malédiction du racisme -entre Blancs et Noirs, mais aussi et surtout entre ethnies locales et ressortissants des pays voisins, venus concourir, par leur travail, au miracle économique des années soixante et soixante-dix.

Toujours selon l'article, à partir de la page 26 du livre, Jacques Vergès et son co-auteur soutiennent ce qui suit :
« La Côte d'Ivoire est vraiment un miroir qui nous permet d'admirer, dans l'intimité de leur conscience, les sectateurs des droits de l'homme. Quand des élections pluralistes ont lieu au Gabon, sans effusion de sang, les défenseurs des droits de l'homme contestent leur légitimité. Omar Bongo n'a décidément pas le profil qui plaît. Mais quand des élections ont lieu en Côte d'Ivoire, quand les deux plus grands partis sont interdits de candidature, et que plusieurs centaines de personnes sont tuées par les forces de l'ordre, voire par des escadrons de la mort à la solde du pouvoir en place, les mêmes applaudissent à la difficile victoire de la démocratie et Gbagbo, membre apprécié de l'internationale socialiste, proclame sa foi dans les droits de l'homme. Quand des opposants irakiens prennent les armes pour combattre leur gouvernement depuis l'étranger, les gouvernements occidentaux les subventionnent et les arment. Mais quand des opposants s'insurgent, en Côte d'Ivoire même, contre un gouvernement qui prône ouvertement la xénophobie, pas un de nos « droit-de-l'hommistes » ne cite le plus bel article de la Déclaration des droits de l'homme qui fonde la résistance à l'oppression ! L'aveuglement atteint chez nous, en 2003, un degré extraordinaire ! Pensez qu'au moment où nous discutons, le scénario suivant se réédite chaque jour en Côte d'Ivoire : une presse aux ordres publie des listes de traîtres dans un style ordurier et raciste (la femme de l'ancien Premier ministre Ouattara est quotidiennement traitée de « juive blanche »), et dans la semaine qui suit, ceux qui n'ont pas pu s'exiler reçoivent la visite des escadrons de la mort. En face de cette démonstration de l'arbitraire, selon le mot d'un diplomate, la Ligue internationale des droits de l'homme se tait. Et tant pis pour les cadavres, il est vrai de « nationalité douteuse », découverts dans divers charniers.
Je dis qu'il fallait l'avertir, d'entrée de jeu : « Si nous sommes les affreux colonialistes que vous décrivez, nous partons ! Et débrouillez-vous avec vos rebelles ». Ce qui lui laissait le temps de préparer la transition mais ne l'autorisait nullement à opprimer son peuple et humilier la France en brandissant des portraits de Bush, ce même Bush qui, pourtant, ne risque pas la vie d'un seul GI pour maintenir Gbagbo au pouvoir.
Bref, quelles que soient les erreurs tactiques que nous avons commises en Côte d'Ivoire, la France, et c'est heureux, n'a pas réédité l'erreur de François Mitterrand au Rwanda, qui a laissé place nette aux Américains ...


Après la lecture de cet article, je me suis posé beaucoup de questions dont l’une justement constitue le titre de mon écrit : quelle crédibilité accorder à Maître Jacques Vergès dans le collectif des avocats de l’ex-président Laurent Gbagbo?

A chacun d’approfondir la réflexion !

TOURE Youssouf
ieptoure@yahoo.fr

09:34 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | |

mardi, 28 décembre 2010

Curieux sondage sur "abidjan.net": pas d'issue pacifique à la crise ivoirienne

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Depuis le 28 novembre 2010 (date du 2e tour de la présidentielle ivoirienne), il s’est établi un bicéphalisme au sommet de l’Etat, avec tout ce que cela comporte comme effets collatéraux très dommageables pour les innocents citoyens pris en otage par la classe politique.
Pour tenter de dénouer cette crise insolite sans précédent dans le monde, des actions diplomatiques sont entreprises et des suggestions de sortie de crise fusent de partout.

C’est dans cette grisaille que le portail « abidjan.net », célèbre moteur de recherche multimédia en Côte-d’Ivoire, réalise depuis peu, un sondage dont les items paraissent pour le moins … surprenants.
En effet, l’on peut lire ceci sur la page d’accueil du portail :

SONDAGE

Selon vous, la crise ivoirienne se terminera :

• Par l’essoufflement de la contestation
• Par une intervention militaire
• Par la guerre civile
• Franchement, aucune idée


Aussi curieux et surprenant que cela puisse paraître, « abidjan.net » ne prévoit aucun item relatif à un quelconque règlement pacifique de la crise autour d’une table de négociation où les « frères ivoiriens » se retrouveraient pour discuter franchement et lever les obstacles.
N’est-il pas permis de rêver que les résultats escomptés par une guerre civile, une intervention militaire ou l’essoufflement de la contestation peuvent aussi s’obtenir par la négociation et la diplomatie ?

Dans tous les cas, le libellé de ce sondage est une curieuse façon pour son auteur d’exprimer "son patriotisme". Si bien-sûr il est ivoirien !

21:02 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | |

samedi, 13 novembre 2010

La fête des ... moutons !

Chaque année, à la même période, le grand ballet constaté dans l’arrivage des nombreux convois de moutons du Mali ou du Burkina constitue le signe annonciateur d’un événement d’envergure, d’une grande fête, celle des " moutons " dit-on couramment.

Quels sont donc ces moutons (certainement doués d'intelligence !) qui sont en fête chaque année ? Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment ces "bêtes intelligentes" se manifestent-elles pendant leur fête ? Ce sont autant de questions (et bien d'autres encore) que je me pose souvent devant cette appellation que je trouve totalement erronée et mal à propos.

Si l’on pousse la réflexion plus loin, la fête des moutons pour des musulmans en fête, cela signifierait tout simplement pour les puristes de la langue de Molière que " les Musulmans sont des M...". Je n'ose pas aller jusqu'au bout.

Et le mouton dans tout ça ? Un chanceux, tout simplement ! Car, pour une célébration où le sacrifice peut s'opérer également sur des chameaux, des bœufs ou d'autres types de bêtes, le mouton s'est vu attribuer la dénomination de cette prestigieuse fête. Veinard de mouton !

En tout état de cause, il est bon que la vraie appellation de cette commémoration reprenne le dessus, à savoir la fête de la TABASKI.

Si l'on devait continuer de considérer que la fête des moutons, c'est la fête au cours de laquelle l'on "tue" des moutons, imaginez donc dans cette logique, ce qui adviendrait au cours de la fête des ... Mères ou des Pères, par exemple !

Bonne fête de Tabaski donc - et non des moutons ! - aux Musulmans de Côte d'Ivoire et du monde entier.

TOURE Youssouf

23:13 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | |