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samedi, 13 novembre 2010

La fête des ... moutons !

Chaque année, à la même période, le grand ballet constaté dans l’arrivage des nombreux convois de moutons du Mali ou du Burkina constitue le signe annonciateur d’un événement d’envergure, d’une grande fête, celle des " moutons " dit-on couramment.

Quels sont donc ces moutons (certainement doués d'intelligence !) qui sont en fête chaque année ? Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment ces "bêtes intelligentes" se manifestent-elles pendant leur fête ? Ce sont autant de questions (et bien d'autres encore) que je me pose souvent devant cette appellation que je trouve totalement erronée et mal à propos.

Si l’on pousse la réflexion plus loin, la fête des moutons pour des musulmans en fête, cela signifierait tout simplement pour les puristes de la langue de Molière que " les Musulmans sont des M...". Je n'ose pas aller jusqu'au bout.

Et le mouton dans tout ça ? Un chanceux, tout simplement ! Car, pour une célébration où le sacrifice peut s'opérer également sur des chameaux, des bœufs ou d'autres types de bêtes, le mouton s'est vu attribuer la dénomination de cette prestigieuse fête. Veinard de mouton !

En tout état de cause, il est bon que la vraie appellation de cette commémoration reprenne le dessus, à savoir la fête de la TABASKI.

Si l'on devait continuer de considérer que la fête des moutons, c'est la fête au cours de laquelle l'on "tue" des moutons, imaginez donc dans cette logique, ce qui adviendrait au cours de la fête des ... Mères ou des Pères, par exemple !

Bonne fête de Tabaski donc - et non des moutons ! - aux Musulmans de Côte d'Ivoire et du monde entier.

TOURE Youssouf

23:13 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | |

lundi, 08 novembre 2010

Dérive identitaire: les vieux démons refont surface

On pensait la page définitivement tournée. Tout au moins, on le souhaitait. Hélas, la triste réalité est là, implacable: la Côte-d'Ivoire est rattrapée par son passé, un passé récent qu'elle séfforcait pourtant d'oublier au plus vite.

Si les prières et les énormes sacrifices consentis par les uns et les autres ont contribué à les tenir à l'eccart de l'arène lors du premier tour, les vieux démons de la division identitaire n'ont pas pu s'empêcher de se manifester pour le second tour des élections, s'invitant dans un débat où l'on pouvait raisonnablement faire l'économie de leur présence.

Eh oui, ils sont bel et bien de retour, avec comme armes: des articles de presse virulents, des messages (sms) haineux, des propos enflammés de certains "penseurs libres" dans des forums d'expression, et que sais-je encore !
La cible ? Le Nord ! Encore le Nord et toujours le Nord, dont les ressortissants sont traités d'étrangers. Des propos choquants, mal à propos et inutilement blessants à l'endroit de toute une région et ses ressortissants qui ne sont pourtant pas tous forcement "Alassanistes" ou militants du RDR.
C'est encore plus frustrant pour ces nombreux nordistes qui militent du coté de La Majorité Présidentielle. Comment se sentent-il dans cette grisaille ? Comme des "beignets", tout simplement : grillés sur les deux faces. Considérés comme des "vendus" par leurs parents du nord, traités d'étrangers par leur famille politique. Triste sort !

Le peuple ivoirien a réussi à placer le niveau du débat politique et culturel si haut dans notre pays qu'il serait regrettable qu'on le tire de nouveau vers le bas par des questions identitaires qui ne nous font pas avancer, franchement. C'est une page qui devrait être tournée définitivement parceque d'autres défis plus importants attendent ces nombreux ivoiriens qui ont encore foi en leur pays.

En tout état de cause, moi je suis originaire de Touba, Ivoirien du Nord et fier de l'être. Tout comme le sont également mes amis, DATTE Jean-Francis, Abbey d'Agboville, AMANI Félix, Baoulé de Botro, TANOH Jean-Claude Cédric, Agni de Bongouanou, BOEHI Benoit, Gouro de Vavoua, et j'en passe ...
Tournons donc définitivement la page de la question identitaire afin de recentrer davantage le débat sur des valeurs plus saines qui nous rassemblent et qui fédèrent nos intelligences et nos convictions pour faire avancer le pays.

D'autres sujets autrement plus sérieux existent à profusion pour alimenter les débats électoraux, de sorte que la campagne présidentielle peut bien se passer de la question identitaire, cet autre "invité" de trop. Elle en a bien donné la preuve au premier tour !

QUE DIEU GARDE SA MAIN SUR LA CÔTE-D'IVOIRE

TOURE Youssouf

09:16 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | |

lundi, 25 octobre 2010

Sarkozy, l'Africain !

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Depuis 1789 (année de la révolution française), la France a réussi à se hisser parmi les démocraties les mieux élaborées dans le monde.
Cette machine démocratique si bien rodée semble malheureusement prendre du plomb dans les ailes dans "la nouvelle France", celle du président Nicholas SARKOZY. En plus des expulsions massives d'étrangers -l'homme en était déjà un champion depuis son passage au ministère de l'intérieur-, l'actuelle crise des retraites dans l'hexagone en un autre indicateur patent.

En effet, les remous sociaux en France depuis quelques semaines revèlent à la face du monde entier qu'au pays des droits de l'homme, le peuple peut rouspéter, protester, tempêter, manifester...sans une oreille attentive en face. Rouspéter ? Protester ? Tempêter ? Manifester ? Peu importe, "la nouvelle France" avance dans un "forcing" politique pour imposer une reforme que le peuple rejette. Au menu:

-vote bloqué au Sénat
-réquisition (dans le secteur énergétique)
-matraquage de manifestants
-etc.

N'est-ce pas là une impression de déjà vu ?
Bien-sûr que si ! Sous les tropiques, à la manière des Dictateurs africains.

Les anciennes colonies auraient-elles donc réussi à "infecter" la métropole ?
Quoi qu'il en soit, cela commence à en avoir tout l'air en France avec Sarkozy, "l'Africain".

La leçon, c'est que cette situation en France doit interpeller les dirigeants africains à plus d'un titre, entre autres:

-Tous les "donneurs de leçons" ne donnent pas toujours eux-mêmes le bon exemple à suivre.

-Maintenant que la métropole commence à "copier" les pratiques des dirigeants africains, il est peut-être temps pour ceux-ci de multiplier les bons modèles de démocratie et de bonne gouvernance.

TOURE Youssouf

08:26 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | |

samedi, 09 octobre 2010

Qui c'est ce garçon ?

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Innocent petit écolier, avec ton petit sac au dos, qui es-tu ?

Si vous avez deviné, BRAVO !

Dans le cas contraire, découvrez ...

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22:37 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 17 septembre 2010

Barre d'admission en 6e, ce système si élitiste !


Depuis le jeudi 9 septembre 2010, les résultats des affectations en classe de 6e sont disponibles dans toutes les Inspections d'Enseignement Primaire et les Etablissements secondaires de Côte-d'Ivoire. Comme chaque année, beaucoup d'élèves ont (encore!) été laissés sur la touche et pour cause: il fallait avoir 110 points pour être admis en 6e sur 170 points possibles, soit une moyenne de 12,94 (environ 13) sur 20. Ainsi donc, alors que la chance devait être donnée à tous les élèves moyens de poursuivre leur scolarité sans embuches jusqu'en classe de 3e au moins, cette barre d'admission apparaît comme un goulot d'étranglement dans le continuum, rendant le système subitement élitiste en classe de CM2. Jusqu'à quand encore ?

En attendant une hypothétique réponse à cette interrogation, les Inspecteurs de l'Enseignement Préscolaire et Primaire (IEP) à travers leur syndicat ont fait connaître leur avis qui milite en faveur de la suppression pure et simple du concours d'entrée en 6e.

Bien-sûr, cette position peut paraître surprenante pour certaines personnes et susciter des interrogations à leur niveau. Mais je tiens à rassurer ces sceptiques car à y voir de près, la seule chose qui motive encore le maintien de cette pratique qui ne se justifie plus, c'est le manque de structures d'accueil au niveau de l’enseignement secondaire. Faut-il pour autant continuer chaque année de sacrifier de jeunes enfants innocents dont le seul tort est de ne pas réussir à se "hisser" parmi l'élite pour aller en 6e ?
Il faut donc songer à créer de nouvelles structures, tout simplement ! Mais où trouver les moyens pour construire autant de lycées et collèges ? A ceux qui se posent ces questions, l'on pourraient répondre également par ... des questions !

-Avions-nous prévu de gérer une guerre et ses effets collatéraux sur près d’une décennie ? Que non ! Pourtant, l’Etat mobilise bien des moyens depuis 2002 pour la gérer, parce que cette crise s’est imposée à nous comme une réalité implacable, donc comme une priorité.

-La récente vague des cinquantenaires en Afrique était-elle prévue et budgétisée des années à l’avance ? Bien-sûr que non ! Mais quand elle s’est imposée à l’Afrique comme une réalité doublée d’un phénomène de mode (devenant ainsi donc "une priorité"), les moyens - des milliards ! - ont bien été mobilisés par les pays concernés.

Les exemples de ce genre sont légion. Pourquoi donc évoque-t-on chaque fois l’alibi du manque de moyens quand il s’agit d’une question aussi importante que celle relative à l’avenir de notre nation, des milliers d’enfants (pourtant valables) jetés chaque année à la rue à partir du CM2, tout simplement parce que n’ayant pas pu obtenir 13 de moyenne pour aller en 6e, faute de places dans le secondaire ?

Ce que je tente de montrer, c’est que la question du manque de structures d’accueil, bien qu’étant une réalité ne constitue pas un blocage insurmontable. Il suffit tout juste d’en faire une priorité, et les moyens suivront. Tout est une question de planification. D’ailleurs, qui nous dit que l’Etat, pour une telle question d’intérêt hautement national et patriotique, ne trouvera pas un écho favorable auprès des bonnes volontés (Conseils Généraux, Mairies, Bailleurs internationaux, ONG, individus charitables, etc. ) ? En la matière, l’exemple du CONASFOR - Comité National de Soutien aux Forces de Réunification - est bien patent. Cette structure informelle, partie pourtant de rien n'a-t-elle pas réussi à mobiliser des fonds colossaux pour soutenir le processus de sortie de crise ?

Enfin, je voudrais demander un peu d'indulgence à tous ceux qui, depuis cette prise de position courageuse des Inspecteurs, émettent certaines réflexions souvent désobligeantes à leur endroit. Je signale à toutes fins utiles que les IEP n’ont émis qu’un avis de technicien bien justifié, qui ne lie pas cependant le décideur, l’Etat de Côte-d’Ivoire.

C'est une position d'autant plus justifiée qu'elle n'est que la suite logique de la politique éducative dans laquelle notre pays a elle-même délibérement choisi de s'inscrire, la Formation Par Compétences (FPC) dont l'objectif principal est de mener le maximum d'apprenants vers la réussite. Au lieu de pourfendre cet avis, il est donc plutôt impératif de chercher à le comprendre et à le soutenir afin que nos progénitures, de nombreux enfants pourtant méritants, ne continuent plus d’être éjectés prématurément du circuit scolaire au CM2, faute de structures d’accueil dans le secondaire.

TOURE Youssouf, IEP

06:13 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | |

mardi, 14 septembre 2010

Jeu d'alliance: la lune de Korhogo

Ce n'est un secret pour personne, le peuple korhogolais est resté longtemps animiste et fortement rattaché aux fétiches, jusqu'à un début d'islamisation dans un passé récent. Et pour prouver cette foi naissante, le peuple de korhogo a bataillé ferme pour que le croissant lunaire marquant le depart du jeûne du Ramadan soit vu à ... Korhogo, et nul part ailleurs. Ainsi donc, tout le monde a applaudit "la lune de Korhogo" qui a marqué le top-départ du carême musulman cette année.

Le mercredi 08 septembre dernier, 29e jour du mois de carème (donc jour probable d'apparition de la lune marquant la fin du jeûne), tout le monde attendait que "la lune de Korhogo" viennent de nouveau libérer les musulmans de Côte-d'Ivoire. Toutes les oreilles étaient donc tendues vers les Korhogolais afin qu'ils terminent ce qu'ils avaient commencé. Et là, silence-radio: aucun "son" n'est venu de Korhogo! Que s'est-il passé ?

En fait, tout le monde avait semblé oublier le vieil adage qui dit: "chasser le naturel, il revient au galop". En effet, après le début du carême, le naturel est revenu au galop à Korhogo, de sorte que le fétiche, le "tchapalo" et autres pratiques traditionnelles ont repris le pas sur la religion.

Alors musulmans de Côte-d'Ivoire, un homme avertit en vaut deux, au cas où "la lune de Korhogo" se manifesterait encore les années à venir !

par TOURE Youssouf, de Férentella (TOUBA), Mahou pur sang !

06:40 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | |

dimanche, 12 septembre 2010

Dialogue inter-religieux: le modèle ivoirien

Le mercredi 8 septembre, le pasteur extrémiste américain TERRY JONES annonçait son intention de faire brûler 200 exemplaires du Coran le 11 septembre 2010, date de la commémoration des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center de New-York (2001). Bluff ou Chantage ? La suite a clairement montré qu'il ne s'agissait en réalité que d'un simple coup médiatique pour un personnage en mal de publicité. En effet, le samedi 11 septembre (hier), date initialement prévue pour l'autodafé du Coran, l'intéressé a déclaré sur la chaîne de télévision américaine NBC qu'il ne brûlerait le Coran "ni aujourd'hui, ni jamais".
Au delà du soulagement général suscité par cette sage décision, l'on n'oubliera pas tout de même la polémique qui a enflammé le monde entier pendant quelques jours, sur fond de haine et d'intolérance réligieuse.

Dans cette grisaille où "la geurre des religions" gagne du terrain entre le monde arabe et l'occident (les USA en particulier), le modèle ivoirien est assez parlant pour qu'on le passe sous silence.
En effet, à plusieurs occasions par le passé, les leadres religieux ivoiriens ont su s'éléver au dessus de toutes les considérations haineuses pour nouer un dialogue inter-religieux franc et sincère, dont l'un des indicateurs les plus patents est l'existence d'un forum des confessions religieuses dans notre pays.

L'illustration de cette franche collaboration à encore été donnée ce vendredi 10 septembre 2010, pendant la célébration de l'Aid El Fitr (fête de Ramadan). A cette occasion, c'est avec joie et satisfaction que les millions de téléspectateurs ont noté dans les réportages de la RTI, la présence rassurante des représentants des autres confessions réligieuses sur les lieux de prière, notamment à la mosquée Bilal de Yopougon Port-Bouet 2 dirigée par l'imam Koné Idriss Koudouss, président du Conseil National Islamique (CNI). Les images de la visite de ce dernier au chef de l'Etat -pour lui dire merci au nom des musulmans pour la signature du decret de validation de la liste éléctorale- ont encore montré la présence de ce collège de ministres de divers autres cultes, présence chagée de symboles et de messages.

Comme quoi, l'Afrique ne présente pas que des tableaux sombres de guerre, de famine, de mal-gouvernance et que sais-je encore ! Le modèle ivoirien en matière de dialogue inter-religieux n'est-il pas un cas d'école ?


TOURE Youssouf

17:23 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |