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vendredi, 22 avril 2011

Maître JACQUES VERGES: quelle crédibilité ?

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Maître Jacques Vergès, l’un des plus célèbres et expérimentés avocats du barreau français fait partie du collectif des avocats (une dizaine) commis à la défense de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Ce « panel » d’avocats, de par la compétence de ses membres et de par la diversité de sa composition (4 français, 2 congolais, 2 camerounais, 1 sénégalais et 1 ivoirien) est à mon sens, l’un des plus compétents sur la place pour défendre l’ex-président pour les chefs d’accusations qui seront retenus contre lui. Du moins, cela a été ma conviction jusqu’à ce que je parcours hier (jeudi 21 avril 2011) un article sur le site lebanco.net, intitulé «Quand Vergès condamnait Gbagbo » sous la plume de Kakou Ernest TIGORI (infos.unn2010@yahoo.fr).

En effet, ce papier met en évidence certains passages d’un livre intitulé « De la mauvaise conscience en général et de l'Afrique en particulier » publié en 2003 aux éditions JC Lattès et co-écrit avec Bernard Débré, où Jacques Vergès justement défendait une position totalement aux antipodes de la mission à laquelle il participe aujourd’hui.

Voici quelques passages de ce livre, extraits de l’article de Kakou Ernest TIGORI, selon qui l’on peut déjà lire dès la première page du livre :
Les légendes meurent aussi. Celle de la Côte d'Ivoire, « vitrine de l'Afrique », n'aura pas résisté deux ans à Laurent Gbagbo. Déjà ébranlé par la chute des cours du cacao dont il reste le premier producteur mondial, cet ancien fleuron de l'Afrique occidentale française a vu, en quelques mois, se déliter l'héritage de son premier président, Félix Houphouët-Boigny (disparu en 1993) : celui d'un Etat unitaire qu'il avait su protéger, trois décennies durant, de la malédiction du racisme -entre Blancs et Noirs, mais aussi et surtout entre ethnies locales et ressortissants des pays voisins, venus concourir, par leur travail, au miracle économique des années soixante et soixante-dix.

Toujours selon l'article, à partir de la page 26 du livre, Jacques Vergès et son co-auteur soutiennent ce qui suit :
« La Côte d'Ivoire est vraiment un miroir qui nous permet d'admirer, dans l'intimité de leur conscience, les sectateurs des droits de l'homme. Quand des élections pluralistes ont lieu au Gabon, sans effusion de sang, les défenseurs des droits de l'homme contestent leur légitimité. Omar Bongo n'a décidément pas le profil qui plaît. Mais quand des élections ont lieu en Côte d'Ivoire, quand les deux plus grands partis sont interdits de candidature, et que plusieurs centaines de personnes sont tuées par les forces de l'ordre, voire par des escadrons de la mort à la solde du pouvoir en place, les mêmes applaudissent à la difficile victoire de la démocratie et Gbagbo, membre apprécié de l'internationale socialiste, proclame sa foi dans les droits de l'homme. Quand des opposants irakiens prennent les armes pour combattre leur gouvernement depuis l'étranger, les gouvernements occidentaux les subventionnent et les arment. Mais quand des opposants s'insurgent, en Côte d'Ivoire même, contre un gouvernement qui prône ouvertement la xénophobie, pas un de nos « droit-de-l'hommistes » ne cite le plus bel article de la Déclaration des droits de l'homme qui fonde la résistance à l'oppression ! L'aveuglement atteint chez nous, en 2003, un degré extraordinaire ! Pensez qu'au moment où nous discutons, le scénario suivant se réédite chaque jour en Côte d'Ivoire : une presse aux ordres publie des listes de traîtres dans un style ordurier et raciste (la femme de l'ancien Premier ministre Ouattara est quotidiennement traitée de « juive blanche »), et dans la semaine qui suit, ceux qui n'ont pas pu s'exiler reçoivent la visite des escadrons de la mort. En face de cette démonstration de l'arbitraire, selon le mot d'un diplomate, la Ligue internationale des droits de l'homme se tait. Et tant pis pour les cadavres, il est vrai de « nationalité douteuse », découverts dans divers charniers.
Je dis qu'il fallait l'avertir, d'entrée de jeu : « Si nous sommes les affreux colonialistes que vous décrivez, nous partons ! Et débrouillez-vous avec vos rebelles ». Ce qui lui laissait le temps de préparer la transition mais ne l'autorisait nullement à opprimer son peuple et humilier la France en brandissant des portraits de Bush, ce même Bush qui, pourtant, ne risque pas la vie d'un seul GI pour maintenir Gbagbo au pouvoir.
Bref, quelles que soient les erreurs tactiques que nous avons commises en Côte d'Ivoire, la France, et c'est heureux, n'a pas réédité l'erreur de François Mitterrand au Rwanda, qui a laissé place nette aux Américains ...


Après la lecture de cet article, je me suis posé beaucoup de questions dont l’une justement constitue le titre de mon écrit : quelle crédibilité accorder à Maître Jacques Vergès dans le collectif des avocats de l’ex-président Laurent Gbagbo?

A chacun d’approfondir la réflexion !

TOURE Youssouf
ieptoure@yahoo.fr

09:34 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer |

lundi, 25 octobre 2010

Sarkozy, l'Africain !

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Depuis 1789 (année de la révolution française), la France a réussi à se hisser parmi les démocraties les mieux élaborées dans le monde.
Cette machine démocratique si bien rodée semble malheureusement prendre du plomb dans les ailes dans "la nouvelle France", celle du président Nicholas SARKOZY. En plus des expulsions massives d'étrangers -l'homme en était déjà un champion depuis son passage au ministère de l'intérieur-, l'actuelle crise des retraites dans l'hexagone en un autre indicateur patent.

En effet, les remous sociaux en France depuis quelques semaines revèlent à la face du monde entier qu'au pays des droits de l'homme, le peuple peut rouspéter, protester, tempêter, manifester...sans une oreille attentive en face. Rouspéter ? Protester ? Tempêter ? Manifester ? Peu importe, "la nouvelle France" avance dans un "forcing" politique pour imposer une reforme que le peuple rejette. Au menu:

-vote bloqué au Sénat
-réquisition (dans le secteur énergétique)
-matraquage de manifestants
-etc.

N'est-ce pas là une impression de déjà vu ?
Bien-sûr que si ! Sous les tropiques, à la manière des Dictateurs africains.

Les anciennes colonies auraient-elles donc réussi à "infecter" la métropole ?
Quoi qu'il en soit, cela commence à en avoir tout l'air en France avec Sarkozy, "l'Africain".

La leçon, c'est que cette situation en France doit interpeller les dirigeants africains à plus d'un titre, entre autres:

-Tous les "donneurs de leçons" ne donnent pas toujours eux-mêmes le bon exemple à suivre.

-Maintenant que la métropole commence à "copier" les pratiques des dirigeants africains, il est peut-être temps pour ceux-ci de multiplier les bons modèles de démocratie et de bonne gouvernance.

TOURE Youssouf

08:26 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer |