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jeudi, 14 août 2014

Suppression confirmée du Concours d'Entrée en 6e : SANS TAMBOUR NI TROMPETTE !

Par TOURE YOUSSOUF Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte d'Ivoire • • • Le lundi 11 août 2014, les résultats de l'Affectation en Sixième (6e) en Côte d'Ivoire ont été mis à la disposition des Chefs de Circonscription et publiés le lendemain dans toutes les Inspections d'Enseignement Préscolaire et Primaire du pays.

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Alors qu'ils étaient attendus le 16 août selon le calendrier officiel initialement publié par le Ministère de l'Education Nationale et de l'Enseignement Technique, ces résultats sont arrivés avec une longueur d'avance, surprenant plus d'un, même parmi les Chefs de structures concernés. A ce niveau donc, les pendules sont à l'heure (et même en avance ! ) , ce qui constitue un bond qualitatif à apprécier à sa juste valeur et à mettre à l'actif de Madame La Ministre et de l'ensemble de ses collaborateurs en charge de ce dossier. Cette année au moins, les élèves de sixième n'accuseront pas de retard dans le démarrage des cours prévu dans un mois, le 15 septembre 2014. Au-delà de la célérité dans le traitement des données, l'autre aspect passé inaperçu et qui mérite pourtant d'être mis en évidence, c'est la confirmation de la suppression du concours d'Entrée en 6e qui sacrifiait chaque années de nombreux élèves pourtant méritants, avec une barre d'admission qui atteignait par moment jusqu'à 115 points, soit 13,5 / 20 de moyenne. Ce processus, bien que déjà engagé depuis l'année dernière, laissait beaucoup de parents dubitatifs, se demandant s'il s'agissait de "poudre aux yeux" (selon l'expression populaire ) ou d'une action qui s'inscrirait dans la durée. "Trop beau pour être vrai, attendons l'année prochaine pour voir " se disaient les uns, " Aura-t-elle de la place pour tous ces enfants chaque année ? ", se demandaient les autres. images (5).jpgDepuis le lundi 11 août, Madame La Ministre a mis fin à toutes les interrogations et avec la manière, "sans tambour ni trompette": pas de battage médiatique particulier sur la barre è 85 points (soit 10 / 20 de myenne) retenu encore cette année, donnant accès systématique au collège à tous les admis au CEPE comme l'année dernière. L'événementiel que cette proclamation constituait par le passé est devenu presque l'ordre normal des choses cette année, comme pour signifier au niveau de la tutelle du Ministère que la question n'est plus d'actualité et qu'il faut passer à autre chose.

La suite ! La suite justement, elle se conjugue en un ensemble de chantiers déjà entamés pour certains et à initier pour d'autres. A titre indicatif, l'on peut citer :

-La poursuite du vaste chantier de construction de nouvelles infrastructures scolaires et de réhabilitation de l'existant, avec une proportion accrue de collèges de proximité. A ce niveau d'ailleurs, les collectivités locales devraient s'activer davantage aux cotés de l'Etat qui est déjà sur une bonne lancée.

-La poursuite également de l'assainissement de l'environnement des examens scolaires par une lutte davantage accentuée contre la fraude à tous les niveaux, avec des caractéristiques multiformes:

• Un combat acharné contre la tricherie pendant les examens proprement dits, mais également pendant les phases préparatoires en amont puisque le contrôle continu en classe compte pour une certaine proportion à l'examen final.

• Une lutte sans merci contre les pratiques malsaines d'élèves tricheurs durant les épreuves, mais aussi et surtout contre les adultes (enseignants, encadreurs ou parents) qui mettent leurs neurones et leurs énergies à contribution pour asseoir des réseaux de fraude, de véritables "mafias des examens".

• Un combat avec certes à la tête Madame La Ministre, l'Inspection Générale et la DECO, mais dont les vrais combattants devront être les hommes du terrain, depuis les Chefs de structure jusqu'aux enseignants en passant par le personnel administratif et d'encadrement. En somme, des acteurs engagés et au dessus de tout soupçon dans "l'intérêt supérieur" des élèves.

Bref, tout le monde doit se sentir concerné et accompagner la construction de cet idéal, celui d'une école ivoirienne crédible où les vertus cardinales de mérite, d'excellence, de goût de l'effort, etc. redeviendront définitivement les seules valeurs qui régissent son fonctionnement. A cette condition seulement, l'action de Madame la Ministre (barre d'admission à 85 points) prendra tout son sens. Et l'on assistera à moins d'incohérences comme par le passé, où des enfants pourtant admis avec des notes impressionnantes (130 points et plus, donc supposés très brillants) sont incapables de franchir la classe de sixième (6e) ou de cinquième (5e), éjectés ainsi prématurément du système pour avoir été surévalués frauduleusement au CM2.

Après deux années consécutives de barre d'admission à 85 points, peut-on croire en une suppression définitive du Concours d'Entrée en sixième ? Oui certainement, tant que la Ministre KANDIA sera aux affaires, car les parents comprendraient difficilement un retour en arrière avec la ré-instauration du goulet d'étranglement que constitue une barre d'admission supérieure à 85 points. De ce point de vue donc, les candidats et leurs parents peuvent dormir tranquille, jusqu'à l'émergence de l'école ivoirienne en 2020, au moins !

TOURE YOUSSOUF

Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire

IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte-d'Ivoire ieptoure@yahoo.fr

09:47 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 18 juillet 2014

CEPE, BEPC, BAC : Quand les "pourcentages" nous hantent !

Par TOURE YOUSSOUF Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte d'Ivoire • • •

Ce vendredi 18 juillet 2014 ont été proclamés les résultats du Baccalauréat 2014 en Côte d'Ivoire. Tout comme pour les autres examens à grand tirage (Cepe, Bepc), cela marquait la fin d’interminables jours d’attente où l’anxiété et l’angoisse sont les sentiments dominants chez les candidats et leurs parents, mais aussi et surtout chez les responsables des structures scolaires qui sont également au même niveau de pression, voire même plus que les élèves.

Être soucieux pour ses résultats de fin d'année, quoi de plus normal pour un Chef de service consciencieux, ayant à cœur d'améliorer chaque année les performances de sa structure. Mais bien souvent, "la peur et la hantise" prennent malheureusement le pas sur ce "souci légitime" d'amélioration évoqué ci-dessus.

La raison ? Les incontournables questions après les résultats, auxquelles il faut pouvoir répondre "la tête haute":

-Quel est votre pourcentage ? Quel est votre rang au niveau de la Direction Régionale ?

-Quel est le pourcentage global de votre Direction Régionale ? Quel est son rang au plan national ? etc.

Ainsi donc, le pourcentage et le rang "volent la vedette" à tout le travail abattu, même quand il y a des progrès significatifs. Votre taux de réussite s'est nettement amélioré par rapport à l'année précédente ? Peu importe, vous êtes "le dernier de la classe", c'est ce que l'on retient tout simplement. Convocations, interpellations verbales ou écrites sont autant de facteurs qui rendent ces examens fortement anxiogènes, une période de l’année où l’hypertension fait rage parmi les Proviseurs, Inspecteurs de l’Enseignement Primaire et Directeurs de Cafop (à un degré moindre).

Alors, question : un pourcentage en dessous des attentes consacre-il systématiquement l'échec total de la gestion du Chef de structure ? Chacun peut avoir son opinion sur la question. Ce qui est à craindre dans ce schéma à forte pression, c’est le possible relâchement au niveau de la vigilance et de la rigueur dans la gestion des examens (calcul des MGA, surveillance, etc.). Un "raccourci" que pourraient emprunter certains responsables acculés chaque année, s'ils pensent que cela peut leur permettre d'avoir une longueur d'avance dans la course aux pourcentages, les mettant ainsi à l'abri des réprimandes et des commentaires désobligeants.

Bien évidemment, cela constituerait une grande reculade pour la qualité de notre système qui se satisferait alors de taux de réussite "très honorables", basés malheureusement sur des résultats peu crédibles. Heureusement que tout cela n’est encore qu’au conditionnel. Mais à force de tirer sur la corde !… D'ailleurs, l’actualité brûlante de faux pourcentages et de résultats annulés au Bepc dans plusieurs localités la semaine dernière n'est-il pas un indicateur à prendre au sérieux ? (cliquer sur ce lien pour en savoir plus sur les résultats annulés au Bepc).

C'est pourquoi, il est primordial que la pression se situe plutôt en amont, comme c’est déjà le cas avec les fréquentes visites inopinées de l’Inspection Générale sur le terrain.

Au niveau des Autorités Hiérarchiques, si les différentes missions de contrôle et de suivi durant toute l’année scolaire permettent de s’assurer :

-que chaque structure s’est dotée effectivement d’une matrice d’actions avec un contenu pertinent prenant en compte les différents leviers définis par la tutelle pour la réussite du maximum d'élèves,

-que la mise en œuvre de cette matrice a été effective selon le chronogramme d'exécution établi,

-que l'encadrement pédagogique quotidien et le perfectionnement professionnel des enseignants ont été correctement assurés par le Chef de structure et l'ensemble du personnel d'encadrement,

-que les évaluations périodiques, aussi bien celles programmées par la DELC que celles initiées en interne ont été correctement effectuées selon les formats en vigueur,

-qu’un contrôle strict a été effectué au niveau des agents dans l’exécution des programmes d’enseignement,

en somme, si le responsable de structure a mis en œuvre des stratégies adéquates pour faire appliquer toutes les instructions officielles, les résultats ne seraient alors tributaires que d’autres facteurs d’ordre structurel, environnemental ou liés à la capacité des élèves à restituer ce qui leur a été enseigné. Frustrant dans ces conditions de se voir pointer du doigt malgré tous les efforts consentis !

A l’endroit Chefs de structures, le discours est simple et au style direct (car j’en fais partie):

« Ayons le triomphe modeste vis-à-vis des autres collègues dont le taux de réussite est inférieur au nôtre. Sans remettre en cause le bien-fondé de la saine émulation, ne perdons pas de vue cependant qu’ils ne bénéficient peut-être pas de certaines conditions favorables dont nous avons la chance de bénéficier, par le simple hasard des mutations :

-Alors que nous n’avons que 40 ou 50 élèves correctement assis dans nos classes, eux doivent peut-être faire des miracles avec 90 ou 100 élèves assis à 3 ou 4 par table-banc ;

-Alors que nous n’avons aucun déficit d’enseignants titulaires, eux doivent peut-être composer avec des bénévoles non qualifiés, à la charge des Coges et même souvent irrégulièrement rémunérés ;

-Alors que nous avons l’avantage d’avoir nos écoles dans un environnement favorable, eux doivent peut-être mener un combat contre d’énormes nuisances environnementales de toutes sortes ;

-Alors que nos élèves n’ont pas de difficultés d’accès à leurs écoles respectives, les leurs doivent accuser chaque jour des retards après avoir parcouru des kilomètres en provenance des villages et campements environnants, et rentrer très tard la nuit après le même parcours ;

-Alors que nos établissements sont facilement accessibles pour l’encadrement quotidien des enseignants, eux doivent peut-être parcourir des zones très vastes pour accéder à leurs écoles très éloignées et effectuer leur travail d’encadrement (dans le primaire);

-Alors que nous avons la chance de disposer d'un véhicule de fonction confortable et climatisé, eux doivent peut-être effectuer des gymnastiques très risquées chaque jour à bord de véhicules de transport en commun ou à moto pour accéder certaines zones difficiles;

-Alors que notre zone d'exercice nous offre des parents d’élèves intellectuels qui prennent toutes les dispositions pour assurer l’encadrement des enfants en dehors de l’école, peut-être que leurs élèves sont "des laissés pour comptes" une fois partis de l’école…

Bref, les exemples existent à profusion et au bout du compte, atteindre 50 ou 60 % dans certaines conditions peut même nécessiter plus d’effort de la part des encadreurs que 80 % dans d’autres conditions nettement plus favorables. Ayons donc le triomphe modeste… »

Au personnel enseignant et d’encadrement N’attendons pas la fin de l’année pour nous soucier des pourcentages. Construisons-les plutôt progressivement tout le long de l’année :

-en étant corrects et rigoureux dans le travail, -en respectant le quantum horaire avec une bonne assiduité et ponctualité,

-en étant ouverts aux innovations pédagogiques, -en évaluant rigoureusement et très fréquemment les élèves,

-en faisant en sorte que leur réussite ne passe pas nécessairement par l’inscription aux cours de renforcement…

En définitive, s'il était possible d'établir des statistiques ressortant la traçabilité de la scolarité des élèves par entités, l'on se surprendrait souvent à constater qu'un 60% au CEPE dont tous les admis en 6e atteignent la classe de 3e est un bien meilleur résultat qu'un 90% dont la moitié est rejetée du système avant la fin du premier cycle secondaire. Un 60% qui ne serait apprécié à sa juste valeur que seulement quatre ans après !

Comme l'a souligné l'Inspecteur Général Coordonnateur (Ibrahima KOUROUMA) dans une interview relative aux récentes fraudes au BEPC, « la Ministre KANDIA Camara veut des bons résultats mais pas à n’importe quel prix ». C'est pourquoi, dans l’intérêt de notre système éducatif, tout en félicitant les plus méritants, il serait souhaitable d’éviter de mettre systématiquement « les autres » dos au mur, surtout quand ils ont accompli tous les efforts nécessaires. Cela ne ferait qu’augmenter les velléités de tricherie, non pas par vocation pour certains, mais juste pour "sauver la tête et la face".

En d’autres termes, si le souci légitime doit animer constamment tous les Responsables de structure d’œuvrer à améliorer ses résultats, "la course aux pourcentages et aux rangs honorables" ne doit pas prendre le dessus sur la motivation de chacun à garder le cap de la rigueur, de l'excellence et de l'assainissement de l'environnement des examens, gages de résultats crédibles avec des acteurs au dessus de tout soupçon, conformément au souhait de Madame La Ministre. Et cela passe par l'encouragement et la mise en confiance des uns et des autres, même quand le pourcentage est jugé "peu honorable".

Bonne fin d’année scolaire à tous.

TOURE YOUSSOUF Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte-d'Ivoire ieptoure@yahoo.fr

04:24 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (20) |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 01 mars 2013

COGES des écoles primaires publiques : RECADRER LE DISCOURS !

Par TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte-d'Ivoire
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Mardi 29 janvier 2013, groupe scolaire Roland Cissé de l'Inspection d'Enseignement Préscolaire et Primaire (IEP) d'Adjamé-1 : une équipe du Service National d’Animation et de Promotion des Comités de Gestion des écoles (SNAPS-COGES) est en branle, sur instruction du Cabinet de Madame le Ministre de l’Education Nationale. Le motif ? un appel anonyme faisant état de ce qu’un élève aurait été mis dehors pour raison de cotisation de COGES non payée.
Au terme de la mission, constat surprenant : l’élève en question ne s’est pas présenté à l’école depuis plusieurs jours, le registre d’appel de la classe faisant foi. La mère, appelée pour les besoins de l’enquête et pressentie pour être à l’origine du coup de fil est formelle : non seulement elle ne s’y reconnait pas, mais elle va même plus loin en confirmant que son enfant est "un cas difficile" dont la fréquentation scolaire est des plus irrégulières. En somme, un cas patent d’école buissonnière !
Au bout du compte donc, autant d’acharnement, autant de stress pour la Directrice, ses adjoints et l’Inspecteur pour…rien. Quelques mois plus tôt, la même situation s’était présentée au groupe scolaire Williamsville-Labat, toujours à l’IEP Adjamé-1 à partir encore d’un coup de fil anonyme. Même gymnastique, même stress, pour le même résultat : aucun élève n’avait été chassé pour cotisation impayée.

Voici malheureusement la triste réalité que vit la plupart des acteurs de l’école ivoirienne dans la gestion des COGES sur le terrain, surtout au niveau de l'enseignement primaire : stress, pressions, acharnement de toute part (pour rien souvent), par la faute de certains individus mal intentionnés, dont le nouveau passe-temps est de donner un coup de fil à "une connaissance" au cabinet de Madame la Ministre ou à l’Inspection Générale de l’Education Nationale, pas toujours pour signaler des choses avérées, mais tout juste pour jouer les trouble-fête :
● On a perdu les élections pour la présidence du COGES, on est prêt à passer un coup de fil anonyme au cabinet, juste pour mettre à mal le fonctionnement de l’équipe en place.

● On pense qu'un enseignant ne fait pas correctement son travail ou qu'il est d’un bord politique différent, il faut lui coller "une affaire de cotisation" sur le dos et pour cela, un appel anonyme suffit.

● On n’apprécie pas les méthodes de travail de l’Inspecteur, un coup de fil anonyme peut faire l’affaire.

Qui sont donc les auteurs de tels appels sans fondement ? On ne le saura peut-être jamais. Mais peu importe !

Ce qui est important à mon sens, c'est que la hiérarchie au niveau du Ministère de l’Education Nationale soit plus vigilante et accorde moins de crédit à ces "appels anonymes" dont les auteurs n’ont pas le courage de se présenter au grand jour pour justifier ou apporter les preuves de leurs propos.

Un nécessaire recadrage du discours

Dans la même veine, il est peut-être bon également de "recadrer le discours" relativement aux levées de cotisations, afin que certains "parents difficiles" soient moins hostiles aux COGES. En effet, il est très courant de voir dans certaines de nos écoles à la rentrée, des parents retirer leurs enfants pour aller chercher à les inscrire « là où on ne paye pas COGES », selon leur expression. La raison de tels comportements est simple : dans l’entendement populaire, « COGES n’est pas obligatoire », au point que même pour les 500F de frais d’inscription au CEPE/Entrée en 6e des candidats de CM2, certains parents se mettent dans tous les états parce que « dans l’école gratuite, on ne doit rien payer », disent-ils. Et tout cela fait souvent l’objet d’appels anonymes.

Il serait donc salutaire pour le bon fonctionnement des COGES que la hiérarchie tienne clairement le discours suivant :

● Dans le cadre de la gratuité de l’école, l’Etat assure à chaque enfant de Côte-d’Ivoire son droit à l’éducation en mettant gratuitement à sa disposition, les cahiers, stylos, ardoises, craies, livres, salles de classes, etc. pour permettre la scolarisation de tous.

● Toutefois, afin d’entretenir ce que l’Etat met à la disposition des usagers et créer un cadre propice aux enseignements et aux apprentissages, les parents d’élèves d’une école ou d'un groupe scolaire donné s’organisent au sein du COGES pour développer des stratégies et trouver des sources de financement de différents projets. Et les levées de cotisations exceptionnelles font partie des stratégies qui sont autorisées. Il faut donc que chaque parent s’implique, participe aux prises de décisions au cours des assemblées générales.

● Aucun enfant ne devra être mis dehors pour cotisation non payée. Toutefois, si un montant de cotisation est arrêté de façon consensuelle en assemblée générale, chaque parent devra être soucieux de s’en acquitter (quitte à le faire à son rythme) pour ne pas plomber le fonctionnement du COGES, sans chercher à prétexter de la gratuité de l’école pour opposer un refus catégorique.

Si un tel discours est clairement tenu par la hiérarchie des COGES au niveau national, nul doute que les parents comprendront, seront motivés et ne se braqueront plus contre des décisions consensuelles prises au sein des Comités de Gestion.
A ce prix-là, l’on assistera à moins de déplacements d'élèves à la rentrée pour rechercher une école « où on ne paye pas COGES » et l’on aura également moins d’appels anonymes, donc moins de pressions souvent inutiles sur les acteurs du terrain.


TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte-d'Ivoire
ieptoure@yahoo.fr

17:38 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 25 juillet 2012

Billet: Et si on devenait tous Ghanéens ?

Lorsqu’après plus de vingt années (1979-2000) le président Jerry Rawlings perdait le pouvoir au profit de John Kufuor, personne ne voulait croire en une transition pacifique. C’était trop beau pour être vrai dans l’Afrique de l'instabilité, des guerres, des conflits et des maux de toute nature.

En fin 2009, les mêmes sentiments ont prévalu chez certains sceptiques lorsqu'à son tour, John Kufuor devait passer démocratiquement le témoin à John Atta-Mills, au terme d'une élection très serrée où l'écart de point entre les deux protagonistes n'était que de ... 1%. Là encore, le Ghana a su donner la leçon, continuant de consolider son renouveau démocratique dans une sous-région où attentats et coups d'état se disputaient le haut du pavé.

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Hier mardi 24 juillet 2012, contre toute attente, John Atta-Mills (photo ci-dessus), président en exercice est mort brutalement des suites d'une courte (?!?) maladie. Et là encore, même dans la douleur, le Ghana est resté digne, se positionnant plus que jamais comme l'une des nations qui montrent le chemin à suivre aux autres en matière de démocratie. En effet, force a été immédiatement donnée à la loi et en quelques heures, la continuité de l'Etat a pu être garantie par la prestation de serment de l’intérimaire, John Dramani Mahama.

Le Président est mort, vive le nouveau président sans bruit de bottes, ni coups de Kalach, ni mutinerie, mais plûtot dans l'honneur et la dignité, privilégiant ainsi l'intérêt supérieur de la nation. Pas sûr qu'au "Gondwana" voisin, pays du Président fondateur (d'après Mamane sur RFI), les choses se seraient passées avec autant de douceur. Sacrés Ghanéens !

Au regard de ce modèle du voisin où la stabilité est devenue une réalité grâce à « une vie politique démilitarisée d’une part, et une armée dépolitisée d’autre part », l'on ne peut qu'être envieux de cet oasis de stabilité depuis environ trois décennies dans une Afrique de l'Ouest plus que jamais tourmentée.

Dans ces conditions, pas bête cette petite réflexion à notre endroit, nous Ivoiriens: et si on devenait tous Ghanéens ? Certainement, on trouverait la formule pour taire définitivement nos querelles, accélérer notre réconciliation et surtout mettre en avant, l'intérêt supérieur de la Nation.

Bien-sûr, cela ne déplairait pas à certains amis à moi pour qui ce serait presqu'un retour aux...sources ! TANOH J.C.C, Y.K (Awol), et bien d'autres encore.
Mais non chers amis, c'est une situation irréaliste, un raccourci qu'on n'oserait d'ailleurs pas prendre car ce n'est pas toujours qu'on en a gardé de bons souvenirs : "les Raccourcis" de Marcoussis sont encore présents dans nos esprits !

Et puis, la Côte-d'Ivoire, c'est quand-même la fièrté de la sous-region, même si cela se conjugue un peu au passé. Trop de bonnes choses chez nous ici au pays ! N'allez pas demander au vieux SENOUFO de laisser tomber son "Tchapalo", au bon vieux GOURO d'abandonner son cure-dents ...

Bref, trêve de plaisanteries ! A défaut de devenir Ghanéens "physiquement", ayons au moins l'humilité de l'être "dans l'esprit", afin de nous inspirer de leur modèle démocratique.

A ce prix, notre pays reprendra pour de bon son statut de leader naturel de la sous-région ouest-Africaine avec en ligne de mire, une ambition chère au Président de la République: faire de la Côte-d'Ivoire, un pays émergeant à l'horizon 2020.


TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1 (Abidjan, Côte-d'Ivoire)
ieptoure@yahoo.fr

23:40 Écrit par TOURE YOUSSOUF | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | |