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mercredi, 25 juillet 2012

Billet: Et si on devenait tous Ghanéens ?

Lorsqu’après plus de vingt années (1979-2000) le président Jerry Rawlings perdait le pouvoir au profit de John Kufuor, personne ne voulait croire en une transition pacifique. C’était trop beau pour être vrai dans l’Afrique de l'instabilité, des guerres, des conflits et des maux de toute nature.

En fin 2009, les mêmes sentiments ont prévalu chez certains sceptiques lorsqu'à son tour, John Kufuor devait passer démocratiquement le témoin à John Atta-Mills, au terme d'une élection très serrée où l'écart de point entre les deux protagonistes n'était que de ... 1%. Là encore, le Ghana a su donner la leçon, continuant de consolider son renouveau démocratique dans une sous-région où attentats et coups d'état se disputaient le haut du pavé.

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Hier mardi 24 juillet 2012, contre toute attente, John Atta-Mills (photo ci-dessus), président en exercice est mort brutalement des suites d'une courte (?!?) maladie. Et là encore, même dans la douleur, le Ghana est resté digne, se positionnant plus que jamais comme l'une des nations qui montrent le chemin à suivre aux autres en matière de démocratie. En effet, force a été immédiatement donnée à la loi et en quelques heures, la continuité de l'Etat a pu être garantie par la prestation de serment de l’intérimaire, John Dramani Mahama.

Le Président est mort, vive le nouveau président sans bruit de bottes, ni coups de Kalach, ni mutinerie, mais plûtot dans l'honneur et la dignité, privilégiant ainsi l'intérêt supérieur de la nation. Pas sûr qu'au "Gondwana" voisin, pays du Président fondateur (d'après Mamane sur RFI), les choses se seraient passées avec autant de douceur. Sacrés Ghanéens !

Au regard de ce modèle du voisin où la stabilité est devenue une réalité grâce à « une vie politique démilitarisée d’une part, et une armée dépolitisée d’autre part », l'on ne peut qu'être envieux de cet oasis de stabilité depuis environ trois décennies dans une Afrique de l'Ouest plus que jamais tourmentée.

Dans ces conditions, pas bête cette petite réflexion à notre endroit, nous Ivoiriens: et si on devenait tous Ghanéens ? Certainement, on trouverait la formule pour taire définitivement nos querelles, accélérer notre réconciliation et surtout mettre en avant, l'intérêt supérieur de la Nation.

Bien-sûr, cela ne déplairait pas à certains amis à moi pour qui ce serait presqu'un retour aux...sources ! TANOH J.C.C, Y.K (Awol), et bien d'autres encore.
Mais non chers amis, c'est une situation irréaliste, un raccourci qu'on n'oserait d'ailleurs pas prendre car ce n'est pas toujours qu'on en a gardé de bons souvenirs : "les Raccourcis" de Marcoussis sont encore présents dans nos esprits !

Et puis, la Côte-d'Ivoire, c'est quand-même la fièrté de la sous-region, même si cela se conjugue un peu au passé. Trop de bonnes choses chez nous ici au pays ! N'allez pas demander au vieux SENOUFO de laisser tomber son "Tchapalo", au bon vieux GOURO d'abandonner son cure-dents ...

Bref, trêve de plaisanteries ! A défaut de devenir Ghanéens "physiquement", ayons au moins l'humilité de l'être "dans l'esprit", afin de nous inspirer de leur modèle démocratique.

A ce prix, notre pays reprendra pour de bon son statut de leader naturel de la sous-région ouest-Africaine avec en ligne de mire, une ambition chère au Président de la République: faire de la Côte-d'Ivoire, un pays émergeant à l'horizon 2020.


TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1 (Abidjan, Côte-d'Ivoire)
ieptoure@yahoo.fr

23:40 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer |