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vendredi, 04 juillet 2014

Pour une véritable Administration Scolaire numérique en Côte d'Ivoire

Par TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte d'Ivoire
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Ce n’est un secret pour personne, l’école ivoirienne est dans une phase ascendante fulgurante, avec de nombreuses initiatives prises par Madame le Ministre et son équipe pour lui redonner ses lettres de noblesse. L’un des piliers essentiels de cette croisade vers la reconstruction d’une école crédible est sans conteste, l’introduction des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans la gestion de l’administration scolaire.

• Vous voulez les résultats d'un concours professionnel ? de l’entrée en 6e ? de l’orientation en seconde ? Ne vous déplacez pas, les résultats sont en Ligne !

• Vous êtes élève dans un lycée ou collège et vous devez faire votre inscription ou réinscription ? En ligne, s’il vous plait !

• Vous êtes chef d’une structure scolaire et vous attendez les notes circulaires, arrêtés et décisions de la hiérarchie ? Rendez-vous en ligne sur le site du Ministère ou de votre Direction Régionale, ou alors dans votre boîte électronique !

Au-delà même de l’Education Nationale, "LA LIGNE" a investit tous les autres secteurs d'activité : Fonction publique, Enseignement supérieur, Gouvernement, etc., tout est "en Ligne" !

Hommage à ceux qui ont eu l’ingénieuse idée d’inventer cette fameuse "Ligne" !
Félicitations également à nos autorités qui ont pris l’initiative d’engager résolument notre système dans cette voie révolutionnaire de la gestion par les TIC.

Dans ce contexte de gestion numérique, l’outil informatique et l’accès à l’Internet s’imposent comme des éléments incontournables pour permettre aux structures -surtout les structures déconcentrées- de "garder la ligne". Dans la pratique, lesdites entités sont-elles outillées pour suivre le rythme imprimé par la tutelle sur la voie de la gestion par l'ordinateur et l'Internet ?

Si des efforts colossaux ont été consentis pour doter les Directions Régionales et Départementales, Lycées, Collèges, Cafop et Inspections d'Enseignement Primaire d’outils informatiques, l’accès à l’Internet pour ces structures reste encore très marginal, bien malheureusement.
Certes, l'on est en droit de s'attendre à long terme à une opération d'envergure dans ce sens. Mais en attendant, peut-on imaginer une Administration Numérique sans facilité d’accès à l’Internet ? Bien-sûr que non !

Notation administrative des agents en Ligne,

Consultations quotidiennes des différents sites rattachés au Ministère de l’Education Nationale et de l'Enseignement Technique (Menet),

Echanges de correspondances avec la hiérarchie ou entre structures déconcentrées, etc.


Autant d’activités d’envergure qui engendrent une "forte consommation de l’Internet" !.

Bien entendu, il est impensable de continuer de s'en remettre aux Cybercafés comme c'est le cas actuellement pour de nombreux services publics, avec tout ce que cela comporte comme risques pour l'efficacité et surtout pour la confidentialité de l'action administrative.
De même, il est inimaginable d'envisager que les exigences de plus en plus grandissantes liées à la gestion par les TIC reposent essentiellement sur des clés Internet personnelles des chefs de service.

C’est pourquoi, il est fortement souhaitable que l’accès à l’Internet soit facilité pour les structures en charge de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique, à l’image du téléphone fixe. Justement, vu que la quasi-totalité des services publics bénéficient de cette couverture téléphonique par Côte d'Ivoire Telecom, ce canal ne pourrait-il pas être exploité pour connecter facilement les différentes services à la toile mondiale ?
Si d'aventure cela s'avérait un peu compliqué dans l'immédiat, il faudrait dans ce cas envisager à court terme l'octroi de lignes budgétaires appropriées pouvant permettre aux chefs de structures de mettre en œuvre une véritable politique de gestion numérique profitable à tous les agents du service (mise en réseau des machines, Wifi, etc.).

S'il est possible à chaque entité du Ministère de disposer des informations en temps réel et de réagir spontanément à toutes les sollicitations de la hiérarchie, nul doute que l’efficacité de l’Administration Scolaire s’améliorera très significativement.

Vivement donc que l’appel ci-dessus soit entendu, afin que les structures du Menet, aussi bien en "Central" qu’en "Déconcentré", puissent contribuer pleinement et efficacement " l'émergence " d’une véritable Administration Scolaire Numérique en Côte d’Ivoire.

TOURE YOUSSOUF
Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire
IEP Adjamé-1, Abidjan, Côte-d'Ivoire
ieptoure@yahoo.fr

07:57 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer |

mardi, 07 juin 2011

Plaidoyer pour une autonomisation de l'enseignement préscolaire et primaire

L’actualité brûlante, c’est la publication depuis quelques jours de la nouvelle équipe gouvernementale issue des élections présidentielles du 28 novembre 2011, avec 36 portefeuilles ministériels.

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Si la crise économique persistante a induit des équipes réduites depuis plusieurs années, la dernière mouture avec 36 postes sonne le retour des gouvernements plus étoffés. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la récession budgétaire, loin s’en faut. Cette équipe "élargie" -malgré le contexte de crise- ne peut s’expliquer que par la volonté du nouveau pouvoir de définir pour les ministères, des contenus moins pléthoriques et plus précis, afin de mieux rapprocher l’administration des administrés et « toucher les problèmes de plus près », dans un souci d’efficacité.
Dans cette optique, les acteurs de l’enseignement préscolaire et primaire ne peuvent que lorgner sur l’une des choses qui leur tient le plus à cœur : l’autonomisation du secteur de l’éducation de base. Un ministère de l’Enseignement Préscolaire et Primaire ? Ce serait tant mieux. Mais à défaut, une Direction Centrale, pourquoi pas !

2138689-2979342.jpg?v=1289617726 Encore un ministère de plus ! », penseront certains. Certainement. Mais un ministère de trop, pas du tout !
En réalité, il faut appartenir au milieu de l’éducation de base (ou l’approcher) pour mieux appréhender la complexité de son fonctionnement. Sans avoir la prétention de le décrypter exhaustivement, il convient tout de même de donner un petit aperçu de la réalité qui sous-tend le vaste univers du préscolaire et du primaire.

• Le premier élément à retenir, c’est la taille de cette frange du système éducatif ivoirien qui fonctionne avec :
-environ 10.000 écoles (préscolaires et primaires confondues)
-plus de 50.000 enseignants
-186 Circonscriptions d'enseignement préscolaire et primaires
-près de 2.000.000 d’élèves
-des dizaines de milliers d’infrastructures (classes, logements, cantines, bureaux,...)
-etc.
Toutes ces données qui constituent des indicateurs objectifs de la représentativité de l’éducation de base dans notre système éducatif justifient aisément les nombreux et importants financements dont ce secteur fait l’objet de la part des bailleurs de fonds et organismes internationaux.

• Un autre élément important milite également en faveur de cette autonomisation: il s’agit de la complexité de la gestion et du fonctionnement de cet ordre d’enseignement.
En effet, les circonscriptions d’enseignement préscolaire et primaire (dirigées par des Inspecteurs) se déclinent en plusieurs Secteurs Pédagogiques (dirigés par des Conseillers pédagogiques), eux-mêmes se déclinant en écoles (dirigées par des Directeurs). La gestion des activités -pédagogiques, administratives et extrascolaires- est fortement influencée par ce système à hiérarchisation intermédiaires très prononcée, ce qui lui confère un caractère complexe et délicat, doublé d’une nature spécifique.
Quand en plus l’on sait que chaque Direction Régionale comprend généralement plusieurs Inspections d’une part, et que chaque Inspection renferme en moyenne 50 écoles dont les 2/3 se trouvent dans des villages souvent très éloignés et d’accès difficiles d’autre part, l’on imagine aisément que la gestion du préscolaire et du primaire ne peut être efficace si elle s’effectue dans un moule commun aux autres ordres d’enseignement, notamment le secondaire où les rapports hiérarchiques entre la tutelle -Cabinet, Directions centrales, DREN- et les établissements sont nettement moins alambiqués.

• Enfin, la réussite des grands chantiers du système éducatif ivoirien, dont le plus important reste la scolarisation à 100%, passe nécessairement par un enseignement de base solide et efficace, avec entre autres:
-une véritable politique de formation continue et de perfectionnement professionnel du personnel d’encadrement (IEP, Conseillers pédagogiques, Enseignants)
-l'instauration d'un mécanisme devant permettre de mieux crédibiliser les examens pédagogiques (CAP et CEAP)
-la nécessaire vulgarisation des écoles maternelles
-l'octroi d'une cantine à chaque école
-l’instauration d’une vraie politique d’autosuffisance en vivres au niveau des cantines scolaires
-l’assainissement réel de l’environnement scolaire
-une redynamisation adéquate et coordonnée des activités extrascolaires et socioéducatives
-la réussite pour tous les élèves (ou presque) pour coller à la réalité de la Formation par Compétences.
-etc.
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Je voudrais m’en tenir à ces quelques motivations parmi les nombreuses autres qu’on ne saurait évoquer de façon exhaustive dans un tel forum, au risque de lasser les lecteurs par la longueur des éléments justificatifs.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que tous ces objectifs, aussi primordiaux les uns que les autres, ne peuvent être atteints si la gestion du secteur de l’enseignement préscolaire et primaire reste confinée dans sa configuration actuelle. C’est pourquoi, cette autonomisation souhaitée n'est en réalité qu'un nécessaire -pour ne pas dire indispensable- palier à franchir.

Evidemment, l’octroi d’un département ministériel (ministère plein ou ministère délégué) serait l’idéal. Mais à défaut et en attendant des lendemains meilleurs, cet ordre d’enseignement pourrait bien se contenter d’une Direction Centrale: la Direction de l’Enseignement Préscolaire et Primaire.

Raisonnablement, ce n’est pas trop demander car seulement à ce prix, l’on pourra espérer un enseignement de base performant et efficace, gage d’un système éducatif de qualité en Côte-d'Ivoire.


TOURE Youssouf
IEP Daloa-3
ieptoure@yahoo.fr

12:50 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer |

vendredi, 07 janvier 2011

Concours des Inspecteurs de l'Enseignement Primaire: Faut-il croire à une mascarade ?

Jadis considéré (avec celui de l'ENA) comme l'un des plus sérieux et les plus sélectifs, le concours d'accès au cycle de formation des Inspecteurs de l'Enseignement Préscolaire et Primaire est aujourd'hui dans la tourmente. De plus en plus, de lourds soupçons de fraude massive pèsent sur l'organisation de ce concours, lui enlevant du coup son caractère élitiste qui a toujours fait son prestige.
Dans cette veine, le quotidien "le jour" dans son édition du lundi 3 janvier 2011 met le pied dans le plat à travers un article de presse. Faut-il banaliser ce genre d'allégation ou croire effectivement en un simulacre de concours ?
En tout état de cause, en tant qu'Inspecteur de l'Enseignement Préscolaire et Primaire, je me sens interpellé. C'est pourquoi je voudrais partager avec vous cet article en espérant que vous ne manquerez pas de donner votre avis sur la question.



lu dans quotidien le quotidien le jour du 03 janvier 2011

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CONCOURS PROFESSIONNEL D'ACCES AU CYCLE DE FORMATION D'INSPECTEURS

Les candidats dénoncent la magouille à grande échelle


A peine publiée que la liste des admissibles au concours professionnel d’accès au cycle de formation d’Inspecteurs de l’Enseignement Préscolaire et du Primaire au titre de l’année 2010 fait l’objet de contestation. Des candidats décrient un recrutement complaisant.

Les résultats du concours professionnel d’accès au cycle de formation d’inspecteur de l’enseignement préscolaire et du primaire au titre de l’année 2010 ont été publiés le 31 décembre dernier. 41 candidats ont été déclarés admissibles sur un total de 1165. Des candidats malheureux qui ont approché notre rédaction s’étonnent de ce qu’aucun des 125 auditeurs du centre de formation continue de l’école normale supérieure (ENS) de la session 2010 n’a été déclaré admissible à ce concours.
« Cela est impossible quand on sait que nous avons préparé rigoureusement ce concours pendant deux ans », se défend l’un des contestataires. Pour eux, les résultats publiés ne relèvent que de la pure magouille. Les candidats non déclarés admis s’appuient sur plusieurs arguments pour défendre leur position. « Des personnes qui n’étaient pas habilitées à présenter ce concours l’ont passé », fait remarquer l’un de nos interlocuteurs qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat. Il précise que c’est le cas de M. Oulouhadé Denis, Econome au Lycée 4 de Daloa qui bien que n’étant pas autorisé à compétir a été déclaré admissible à ce concours. Ce concours n’étant réservé qu’aux instituteurs et aux professeurs de CAFOP, selon les protestataires. Notre source indique que le nommé doit son admissibilité au fait qu’il a fait partie de la direction de campagne du ministre Emile Guiriéoulou à Guiglo.

Au-delà de ce dernier, le candidat Affely Joseph de Gaulle du grade A4 n’étant pas autorisé à compétir à ce concours a également été admissible a fait savoir notre interlocuteur. Il ajoute que certains candidats admissibles ont payé la somme de deux millions FCFA et même parfois plus à des membres du jury pour être sur la liste publiée le 31 décembre. Un autre exemple cité par les contestataires est celui du candidat Djahi K. Marcel. « Il ne lui reste que quatre années pour faire valoir ses droits à la retraite et à ce titre, il ne peut postuler au concours selon la législation », charge l’un de nos informateurs.

Au vu de ces récriminations, les protestataires qui trouvent que la liste publiée est complaisante demandent au ministre de la Fonction publique du gouvernement Gbagbo de mettre en place un nouveau jury qui travaillerait dans la transparence.


ABDOULAYE K.
source: LE JOUR n° 2125 du 3 janvier 2011, page 8

23:03 Écrit par TOURE Youssouf | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer |